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Le câlin et ses déviations

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©Photo tirée de Pixabay.com

Le phénomène sociétal du câlin

Voici la définition spécifique du mot « câlin » pour l’article qui suit : câlin, n.m. acte d’affection démontré par un ou plusieurs individus qui mettent au moins un de leurs bras presque autour d’un autre individu au niveau du ventre, du thorax ou de l’épaule, en serrant légèrement. Notez bien qu’il n’y a rien de sexuel dans la définition utilisée.

 

Le 21 janvier est la Journée internationale des câlins. Il semble qu’elle tire ses origines des États-Unis en 1986, et avait pour objectif d’encourager la communauté à se donner des câlins afin de combattre le froid et la dépression saisonnière. Plus tard, plusieurs pays ont imité le concept et c’est ainsi devenu aujourd’hui international pour promouvoir le câlin.

Les bienfaits

Il est aujourd’hui clairement établi que les câlins ont des bienfaits sur une personne. Un câlin authentique peut stimuler le corps pour combattre le stress et optimiser le système immunitaire. De plus, avoir un réseau social satisfaisant contribue à en augmenter l’effet. C’est ce que conclut une étude pilotée par le professeur Sheldon Cohen et réalisée par son équipe à l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh, laquelle est publiée dans la revue scientifique Psychological Science.

Ensuite, les câlins chaleureux permettent de réduire la tension artérielle et de sécréter plusieurs hormones, dont l’endorphine (hormone du bien-être avec des propriétés anti-douleurs), la dopamine (hormone du plaisir) et l’ocytocine (hormone de l’attachement). Pour en tirer des bénéfices, il faudrait que le câlin dure plus de 10 secondes.

Le câlin en tant que service

Ce n’est pas un réflexe d’associer le câlin à l’argent. Par contre, à Montréal, depuis 22 décembre dernier, une entreprise créée par Hasnain Mirza, Cuddle me, offre un service de câlins, donnés par des câlineurs et câlineuses professionnels, pour ceux qui en sentent le besoin. Donc, pour environ 100 $ pour une durée d’une heure, accueillez un câlineur ou une câlineuse professionnelle pour vous prendre dans ses bras et converser avec vous. Ce type de service, qui existerait déjà à Vancouver et au Japon, n’a rien de sexuel et il y a des conditions d’entente triviales à respecter. En date du 21 janvier, l’entreprise ne rapporte aucun incident, avec un estimé d’au moins dix clients à son actif.

Des câlins qui ne coûtent rien, aussi disponibles au Québec

Le mouvement des Free Hugs (câlins gratuits) est un phénomène se passant dans un endroit public et où des gens sont disponibles pour offrir expressément des câlins aux passants qui en veulent bien. Pour les donneurs de câlins, il s’agit de se présenter dans une place publique et d’exhiber une affiche sur laquelle est inscrit « free hugs » ou « câlins gratuits » pour manifester leurs intentions. Ce mouvement a commencé à Sydney, en Australie, en 2004, initié par une personne surnommé Juan Mann. Depuis, ce phénomène est devenu international.

Cela existe donc aussi au Québec. Dans une entrevue du 21 janvier 2015, à l’émission Médium Large avec Catherine Perrin, à la chaîne radiophonique ICI Radio-Canada Première, deux adeptes de la distribution gratuite de câlins et citoyens ordinaires, Maurice Duclos et Monique Gélineau, dévoilent leur expérience.

D’abord, Maurice Duclos est agent de projet de développement au Centre de bénévolat de Rouyn-Noranda. Il aurait distribué 3000 câlins gratuits depuis mars dernier, au centre-ville de Rouyn-Noranda. « Quand on échange un câlin, quelques secondes, dans un endroit public, on voit un sourire qui s’affiche sur le visage de la personne et ça nous suit pour le reste de la journée », disait-il.

Ensuite, Monique Gélineau est enseignante retraitée et écrivaine. Elle distribue des câlins gratuits dans le centre-ville de Joliette à une fréquence d’une à deux fois par mois. « On perçoit beaucoup de solitude chez un bon nombre de personnes. La semaine dernière, je donnais un câlin à un homme de 50 ans et il disait ne pas en avoir reçu depuis tellement longtemps! », confiait-elle.

Une orgie de câlins gratuits

Un autre mouvement est celui des cuddle parties (soirées câlins), dont le but est d’offrir une occasion pour (apprendre à) socialiser avec des inconnus et de s’amuser, tout en s’échangeant et en appréciant des câlins. La popularité mondiale grandissante de ces soirées où des gens se donnent des câlins a exigé la création d’un organisme sans but lucratif dont la mission est de former des « facilitateurs certifiés » qui planifieront et superviseront les rencontres partout dans le monde. La clientèle serait âgée entre 20 et 60 ans, dont la plupart seraient dans la trentaine, et seuls. La fondation compte actuellement plusieurs dizaines de facilitateurs en Amérique du Nord, en Australie et en Europe. Au Canada, il y en aurait à Toronto, à Calgary, à Edmonton, à Vancouver et à Victoria.

Conclusion

En conclusion, des câlins sont bons pour la santé mentale et physique. Mais force est de constater que dans la société, il y a des gens qui n’en ont pas et qui en ont besoin. Des mouvements et des entreprises tentent de pallier à ce manque, soit en offrant des opportunités au public à recevoir des câlins gratuitement, soit en vendant un service personnalisé pour offrir des câlins.

Faudra-t-il bientôt que les spécialistes de la santé prescrivent des câlins à leurs patients qui en ont besoin? Est-on en train de profiter de ce manque d’affection pour pervertir et laisser pervertir un acte d’affection authentique en un objet échangeable, et le rendre aussi insignifiant qu’une poignée de main donnée par un animateur d’émission de télé à sa centaine de spectateurs à l’ouverture de l’émission? Comment concevoir qu’il existe un si grand besoin de câlins au point d’expliquer la popularité mondiale de ces mouvements et entreprises?

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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