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La parole est aux politiciens

Les trois dernières semaines ont été riches en débat. Martine Ouellette étant venu à Polytechnique dans le but de rencontrer l’AEP, j’ai aussi été impressionnée par sa façon de nous faire la conversation.

J’ai l’impression que les politiciens ont une technique de conversation très différente de celle qui est utilisée par les ingénieurs. Mme Ouellette qui est elle-même une ingénieure semble contaminée par cette façon de ne pas répondre aux questions et de finir par raconter n’importe quoi.

Est-ce qu’il y a une manière classique de parler comme un politicien? Je crois que oui, comme je crois qu’il y a une façon de parler typiquement ingénieur. Les ingénieurs et les étudiants en ingénierie ont, généralement, tendance à parler de manière très technique. Vous détestez parler pour ne rien dire et vous aimez que les réponses à vos questions soient claires. Surtout, vous aimez ceux qui avouent leur ignorance lorsqu’ils ne peuvent pas répondre à votre question. Il y a une certaine rigueur dans cette façon de parler, on ne ment pas et on ne cache pas la vérité. Ce n’est pas facile de mentir sur la plupart des sujets où vous êtes confrontés puisqu’il est trop facile de le vérifier. Si je vous demande la température d’ébullition de l’eau et que vous mentez, ce sera trop facile à vérifier. Pour les politiciens, il n’y a pas cette contrainte. En effet, il est plus important pour eux de donner une réponse réconfortante que de donner une réponse vraie. C’est pour cette raison qu’ils sont populaires au sein de grandes tranches de population.

Lorsqu’une association étudiante (et leurs journalistes) rencontre un politicien, ils ont généralement une certaine pensée citoyenne. Ce sont des gens impliqués qui s’intéressent à la politique et qui sont capables de lire entre les lignes. Je trouve difficile de comprendre pourquoi nous n’avons pas eu réponses à nos questions. Lorsqu’on tente de savoir ce qu’est le « développement économique intelligent », elle nous parle d’Hydro-Québec, du moteur roue et de pile électrique. Cela ne me donne pas d’idée de ce qu’elle propose pour relancer concrètement l’économie québécoise. L’électrification des transports ne sera pas un bouclier contre toutes les difficultés.

Autre exemple, Martine Ouellette propose que tous les étudiants du Québec aient le transport collectif gratuit, comme c’est le cas à l’Université de Sherbrooke. Dans ce système, les étudiants payent le transport en commun dans leurs frais afférents de façon obligatoire en échange d’un rabais sur ces frais. Je suis en profond désaccord avec cette idée puisqu’elle favorise les étudiants des grands centres. Gatineau ou Trois-Rivières n’ont pas de transport en commun bien développé. Mais selon Mme Ouellette, puisque les étudiants auraient le transport en commun « gratuit », la demande serait assez forte pour que les sociétés de transport en commun s’organisent pour y répondre. Ce genre de réponse magique ne fonctionne pas bien. Dans une communauté rurale, même si 500 étudiants supplémentaires veulent utiliser le transport en commun, les autobus ne se promèneront pas sur un territoire qui est grand comme deux îles de Montréal! Les étudiants des régions devront payer leurs déplacements en double.

J’aurais aimé qu’elle parle un peu plus comme vous : observation, problématique, hypothèse, expérimentation, conclusion. La méthode scientifique et la rigueur me manquent lorsque j’écoutes nos politiciens.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.