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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Marion Wagschal aux beaux-arts

Le retour de l'artiste montréalaise en grande première.

Le Musée des beaux-arts présentait une exposition bilan de l’artiste Marion Wagschal : Portraits, souvenirs, fables. Une collaboration avec le musée des Beaux-Arts de la Nouvelle-Ecosse qui tiendra place du 9 avril au 9 août.

Il faut le dire, la reconnaissance montréalaise a tardé à venir. Du moins celle que l’on doit à une artiste de son pedigree. Wagschal expose depuis les années 70, après sa maitrise en beaux arts acquise à l’Université Concordia en 1967. Son style singulier (même pour l’époque) l’a gardée dans l’ombre des artistes aux pratiques en vogue avec leur temps. Son éclosion a donc souffert d’un certain délai.

Nombre de ses toiles affichent des familles, couples ou groupes en interaction. L’appréciation l’histoire derrière la toile est toujours un complément à l’aisance technique caractéristique des artistes de ce calibre. Cependant son usage de couleurs mornes et déprimantes peut épuiser rapidement le regard. La chair grisâtre des personnes devient insistante au fil des peintures. La nudité est effectivement incontournable dans cette exposition. Wagschal représente le corps humain de façon crue et sans détours. Pas à la façon des peintres de la renaissance ; la glorification n’est pas de mise. Loin de là. Les corps sont tuméfiés, veineux, ternes parfois même sales. Un peu comme un regard lancé sur des grands malades tentant tant bien que mal de vivre, sans grande ambition.

L’artiste n’a clairement pas peur d’afficher des oxymores stylistiques. Des manières de faire d’époques complètement différentes ou styles radicalement opposés peuvent coexister dans ses toiles et ce, avec une surprenante harmonie. « J’aime l’idée de juxtaposer, à n’importe quels genres ou styles historiques, quelque chose qui n’y appartient pas – un irritant. J’ai entamé certaines de ces œuvres non figuratives pour libérer le dessin et le processus décisionnel de trop de points de repère explicites. » L’intention est claire : perturber une idée d’harmonie préconçue de l’observateur et prolonger son regard sur l’œuvre.

L’exposition est intrigante, certainement éducative pour les amateurs des mélanges de genre mais pas l’épisode le plus excitant du Musée des beaux-arts, à mon humble avis.




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