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Toujours plus!

Venu d’Australie pour amuser la galerie, le Circus Oz présente son dernier spectacle But Wait… There’s More à la TOHU du 5 au 15 mars. Cette représentation familiale emprunte aux thèmes de la modernité, tout en conservant savamment le burlesque propre au cirque.

D’abord un mot sur l’assistance : composée principalement d’enfants, ça rigole beaucoup! Lorsque les artistes se dandinent le postérieur ou tombent à la renverse, on entend s’esclaffer. C’est frais et détendu. L’ambiance est à la fête, ce qui change du sérieux caractéristique du théâtre.

Puis, le spectacle, en tant que tel, allie adroitement musique et voltige. Tambours, piano et autres instruments insolites (vous rappelez-vous avoir joué du poisson en bois au primaire? et de la casserole durant le printemps érable?) accompagnent les numéros avec justesse et permettent un rapprochement sincère avec le public. Les personnages, quant à eux, transpirent le burlesque avec leurs costumes extravagants et leur gestuelle exagérée. Bien que les dentelles, les rayures et les corsages aux goûts des cabarets parisiens s’amarrent sans grand étonnement à l’idée qu’on se fait du monde déjanté propre au cirque, les thématiques abordées, plutôt contemporaines, apportent un souffle nouveau à l’ensemble. Effectivement, c’est dans un monde en perte de sens qu’on transporte le public.

Beaucoup de numéros notoires

Plusieurs numéros valent une mention. D’abord, un acrobate littéralement absorbé par son jeu vidéo oscille entre réalité physique et virtuelle en culbutant à travers un écran vide. Jouant de la manette d’un côté, il devient le combattant chevronné, lorsque catapulté dans cette dimension parallèle, la musique rythmant ses progrès d’un monde à l’autre.

Puis, une clownesse jonglant habilement avec une balle blanche se voit submerger par des dizaines de celles-ci sans trop savoir quoi en faire. Cherchant à s’en débarrasser tant bien que mal en les faisant rouler vivement à l’extérieur de la scène, elles réapparaissent inlassablement, tombant du ciel, comme les vives angoisses qui nous transpercent parfois.

Enfin, une artiste désabusée, bien enfoncée dans son pouf rouge et moelleux, se fait taquiner par un trapèze. Elle s’y accroche mollement pour retomber, immanquablement, dans le confort de son coussin. Le jeu se poursuit quelque temps, suffisamment pour qu’un petit garçon, assis quelques sièges plus loin, s’interroge «pourquoi elle ne veut pas, maman?». La remarque fait sourire, en trahissant la beauté naïve de l’enfance, celle qui, tristement, s’effrite avec l’âge adulte. Ainsi, le contraste entre ludisme et désoeuvrement, entre enfants émerveillés et artistes éculés, entre vide à remplir et vide tout court, mérite qu’on s’y attarde un instant. Pour inspirer (ou s’inspirer?) avant de repartir.

… mais trop de discontinuités

Malgré ces bons coups, le fil conducteur est décousu, engendrant ainsi un rythme qui achoppe trop souvent. Certaines démonstrations acrobatiques manquent de lissage ou encore intègrent le spectacle de façon hétérogène, une culbute pour une culbute. L’un des artistes en fait d’ailleurs mention, comme s’il s’agissait d’un aspect désiré, incarnant l’anomie de nos sociétés contemporaines. Il n’en demeure pas moins que cette absence de direction fait décrocher.

Enfin, notons l’effort soutenu de traduction! Tous les propos lancés au public sont traduits en français, permettant ainsi à tous de bien comprendre le spectacle!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.