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Van Gogh go !

De Van Gogh à Kandisky, de l’impressionnisme à l’expressionnisme, 1900-1914,

Par Joanie Urbain

Montréal, Musée des Beaux-arts de Montréal, 11 octobre 2014 au 25 janvier 2015, 12$ pour les étudiants.

 

L’exposition De Van Gogh à Kandinsky, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 25 janvier, offre un large panorama des œuvres picturales françaises et allemandes du début du XXe siècle. Elle parcourt les différents mouvements artistiques tout en comparant les deux nations, autant sur le plan de la technique picturale que sur celui des relations politiques.

La première salle introduit le contexte socio-politique de Paris comme capitale culturelle des années 1900, période effervescente qui voit le développement de nouveaux mouvements artistiques. Qu’il s’agisse d’impressionnisme, de néo-impressionnisme, d’expressionnisme, de fauvisme ou de cubisme, l’exposition permet à un large public de s’y retrouver aisément sans pour autant laisser les connaisseurs sur leur faim. Une salle est réservée à Van Gogh, pilier de l’art moderne, ainsi qu’à ses influences. Or, si l’exposition débute dans le postimpressionnisme, elle passe entre autre par le fauvisme français et son unité idéologique avec le Die Brücke (le pont), groupe allemand influent de l’époque, avant de se terminer avec le Blaue Reiter (cavalier bleu), groupe dont Kandinsky est un des acteurs principaux.

L’exposition est organisée selon une cohérence esthétique et historique, sans nécessairement respecter une chronologie tyrannique. Elle commence dans l’effervescence du Paris des années 1900 traversé par l’esprit de l’ « internationalisme artistique », mais la fébrilité s’affaiblit bien vite avec la montée des conflits politiques. L’effet tragique est complet : dans l’atténuation de l’éclairage ainsi que dans le dégradé du gris des murs, effets visuels soutenant le propos de la catastrophe à venir, une fois la guerre éclatée, les deux groupes d’artistes doivent s’affronter sur le champ de bataille. La guerre désunit les frères d’art qui, à présent, prennent les armes les uns contre les autres. Dans les deux salles qui encadrent l’exposition, si l’espace physique est occupé par des photographies, l’espace sonore, quant à lui, est rempli par une cadence qui, dans la première salle, représente le tic-tac de l’horloge, symbole de l’industrialisation associé à un internationalisme enivrant, alors que dans la dernière salle, cette cadence rappelle le pas rythmé des soldats marquant l’affirmation des frontières politiques. Dans cette dernière section de l’exposition, l’humanisation des artistes se fait d’autant plus sentir qu’une voix très personnelle leur est donnée à travers les citations mises en exergue au-dessus du niveau du regard.

Les découvertes esthétiques, culturelles et politiques qu’offre cette exposition valent le détour. La beauté des œuvres picturales attire l’œil d’une façon où il est facile de se perdre dans la contemplation. De plus, la polyvalence ainsi que les nombreux domaines touchés par l’exposition en font un attrait pour tous les genres. Le musée, qui, depuis quelques années, nous a habitué à des expositions de haut calibre, poursuit sa lancée avec les prochaines expositions, soit Merveilles et mirages de l’orientalisme, présentée du 31 janvier au 31 mai, et Dans l’atelier de Rodin, du 30 mai ou 18 octobre.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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