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D’Artagnan et les trois mousquetaires

Adaptation théâtrale dynamique d’un classique d’Alexandre Dumas présenté au théâtre Denis-Pelletier.

Une histoire de capes et d’épées. Nous y voilà, en plein dedans, avec l’œuvre d’un des plus grands écrivains romantiques. Cette version théâtrale intitulée D’Artagnan et les trois mousquetaires met donc l’accent sur l’intrigue liée au Gascon.

Car passer d’un pavé à une pièce de théâtre de deux heures n’est pas une mince affaire. Heureusement, le rythme effréné, le volume de dialogues et surtout la brièveté des chapitres (l’œuvre était originellement publiée dans un journal) en font un support adéquat pour en dériver une pièce. Le metteur en scène Frédéric Bélanger a savamment sélectionné les intrigues pour construire une histoire cohérente. Par exemple, il omet le triangle amoureux entre le gascon, Milady et sa femme de chambre pour se concentrer sur l’action.

Crédit photo: théâtre Denise-Pelletier

Crédit photo: théâtre Denise-Pelletier

On assiste donc à l’arrivée du jeune d’Artagnan avec son valet dans un Paris sous la tutelle de l’excentrique Louis XIII et du vil cardinal de Richelieu. L’impétuosité et l’impertinence de Steve Gagnon gagneront rapidement la confiance d’Athos, Porthos et Aramis. Ensemble, ils devront déjouer les machinations du cardinal de Richelieu, de Milady de Winter et du duc de Buckingam qui aspirent à faire tomber le roi et ridiculiser la reine.

La camaraderie des quatre comparses est parfaitement rendue et contraste comiquement avec le sérieux des autres personnages. D’un côté, le valet Planchet digne d’un Jacouille la Fripouille multiplie les bévues alors que la pompeuse Milady ne se séparera pas de sa voix grandiloquente ni de ses objectifs crapuleux. Il convient de noter que certains acteurs jouent plusieurs personnages parfois totalement opposés (Claude Tremblay tour à tour en Planchet ou en cardinal). La qualité des costumes et les changements de voix étaient tels que je ne m’en suis même pas rendu compte. Les scènes sont ponctuées de nombreux affrontements empreints de panache, parfois même dramatiques.

Si le décor de la pièce est unique, il n’en est pas moins modulable et s’adapte autant aux quartiers populaires de Paris, aux docks de Calais ou à une chapelle mystérieuse. Les éclairages permettent d’ajuster l’ambiance en un instant. Les scènes s’enchaînent au cours d’interludes épiques caricaturés, mais tout à fait justes.  Et surtout, le dynamisme tient au fait qu’absolument tout l’espace du théâtre est utilisé. Vous n’aurez pas souvent l’occasion de voir quelqu’un vous menacer avec une volaille à moitié déplumée, sauf peut-être chez votre belle-mère.

Cette revisite de l’œuvre de Dumas s’efforce de rester fidèle tout en tirant la pièce vers un registre comique. L’adaptation n’a pas peur des clichés, comme les arrivées triomphales du roi ou du cardinal, et c’est tant mieux. Les esprits s’échauffent, les personnages rivalisent d’audace, les plumes volent dans cette pièce 100% familiale. Si j’osais, je dirais même « une pièce pour tous, et tous pour une ! » .

 

Il reste encore une représentation le 6 décembre, à ne pas manquer: denise-pelletier.qc.ca




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