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Ponctualité idéologique

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Photo © theatredaujourdhui.qc.ca

«Une femme, quand c’est plus fourrable, quessé qu’on fait avec ça?» demande Danièle Panneton en s’adressant à une paire d’espadrilles de grande taille posée à l’avant de la scène.

« Une femme, quand c’est plus fourrable, quessé qu’on fait avec ça? » demande Danièle Panneton en s’adressant à une paire d’espadrilles de grande taille posée à l’avant de la scène. L’audience rit, de par la justesse des mots certainement, car une question apporte parfois plus de sens que sa réponse. Le questionnement donne le ton à la pièce Je ne suis jamais en retard qui évolue autour de combats, de doutes et d’angoisses déchargés par six comédiennes et sept auteures sur les planches du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui.

Initiée par Lise Roy, cette œuvre au féminin se veut en continuité avec le projet théâtral La nef des sorcières dirigée par Luce Guilbault en 1976 au Théâtre du Nouveau Monde qui, sous forme de monologues, cherchait à donner la parole aux femmes dans l’expression de leurs pensées profondes. Ici, c’est à grand coup de poésie qu’on assiste à l’actualisation de ce discours qui demeure pertinent, quoi qu’on en dise, dans ce monde où de jeunes écolières se font kidnapper pour avoir joui de leur droit à l’éducation et où des femmes, victimes d’un viol, sont lapidées sur la place publique pour adultère.

D’un point de vue scénographique, les textures et la lumière s’intègrent sobrement aux mots aériens qui stimulent la réflexion et l’imagination. Ainsi, parce que ça parle de femmes, mais d’hommes aussi, de maternité et de mort, de religions et de célébrité, de vieillissement et de corps, de contradictions et de nuances, d’amour et d’impuissance : à voir par tous.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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