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World Press Photo 2014

Des soldats de l’Armée pour l’indépendance du Kachin (KIA) boivent et chantent lors des obsèques de l’un de leurs commandants, à Laïza, dans l’État Kachin, au nord de la Birmanie (Myanmar)

L’événement annuel du World Press Photo, présenté du 27 août au 28 septembre 2014 au Marché Bonsecours, expose les 150 photos gagnantes d’une des plus prestigieuses compétitions de photographie professionnelle au monde. L’exposition principale, située au premier étage, comporte l’intérêt de la photo événementielle, c’est-à-dire d’une photographie comme capture de l’instant où la visée esthétique n’est pas nécessairement prédominante. Les photographies, malgré l’effort visible de les regrouper dans un ensemble cohérent, donne l’effet d’une désorganisation apparente. Lors de la visite, qui n’impose aucun parcours déterminé, la limitation de l’espace et le format panneau-graphique rendent plus manifeste l’impression de sauter du coq à l’âne pour revenir ensuite au coq. Par contre, si l’exposition est abordée sous l’angle de la révision des événements marquants de l’année et qu’en plus, cela est particulièrement vrai pour les lecteurs assidus du New York Times, les photos sont reconnues de l’œil du visiteur, une cohérence au minimum chronologique s’installe et le sentiment du surplus d’informations s’envole. Les textes qui accompagnent les photos permettent au visiteur de se projeter dans l’œil du photographe et lui procurent, si celui-ci est bien ouvert à recevoir la photo, un petit voyage qui ne peut se révéler anodin. Au deuxième étage est présentée une exposition de William Daniels, gagnant du World Press Photo Awards 2014, par Oxfam-Québec. Les médias (photos et vidéos) ont comme objectif très ciblé de présenter les bienfaits de la coopération internationale excercée par l’organisme. Ainsi, les clichés, pris à Cotonou au Bénin, dépassent, par leur visée propagandiste, la définition du photojournalisme. Par contre, le deuxième étage présente, par les couleurs et le sujet des images, une harmonie qui n’est pas aussi marquée dans l’exposition principale. Derrière l’exposition, la visée journalistique des photos de presse est bien palpable ; il est possible de sentir le but intéressé d’accrocher l’œil, quoi que certaines photos tentent plutôt de s’évader de ce mode de pensée en présentant un esthétisme qui leur donnent toute leur valeur. Même pour ceux qui se sentent moins interpellés par l’art photographique, le World Press Photo est un événement annuel à ne pas manquer!

Jusqu’au 28 septembre

10$ pour les étudiants

Marché Bonsecours  




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.