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NO FUN / BREAKING BOUNDARIES

Festival Fringe Saint Ambroise 2014

Chaque année, le festival annuel Saint-Ambroise FRINGE se déroule dans plusieurs salles à travers Montréal. Il s’agit d’un événement culturel, sans direction artistique ni censure, mettant en scène des spectacles d’humour, de théâtre, de musique et de danse. C’est souvent l’occasion de découvrir des œuvres originales et atypiques dont la totalité des gains générés revient aux artistes.

Cette année, le Polyscope a été invité au double spectacle No Fun/Breaking Boundaries présenté par la compagnie Still Milking the New Sacred Cow.

La première partie du spectacle, No Fun, une création d’Helen Simard, propose une entrée en matière très déroutante : plongés dans le noir, la scène et le public plongés dans le noir, l’un des danseurs hurle dans un micro en imitant le « growl » d’un chanteur de death metal (un aperçu ici). Puis, les autres artistes enguenillés émergent nonchalamment du public et la suite est un enchaînement étourdissant de dialogues sans queue ni tête et danses désarticulées sur fond de rock assourdissant (au sens propre). On retiendra le courage d’interprétation des jeunes artistes qui n’ont pas démérité même si le spectacle laisse une impression dérangeante et brouillonne, ce qui était peut-être l’objectif visé. Cependant, le reste du public ne semble pas dérouté le moins du monde et paraît avoir accepté et reconnu la performance, soit.

Après cette débauche de corps et de bruits, Breaking Boundaries apparaît comme une oasis de tranquillité. La seconde partie propose, comme son nom l’indique, de repousser les limites de la danse à travers trois solos très différents.
Le premier met en scène le claquettiste Travis Knight sur fond d’un discours prophétique signé Terence McKenna. L’artiste exécute avec brio une danse subtile mettant en relief le discours, comme si les pas effectués étaient une traduction dans le langage corporel des mots de Mc Kenna. Le danseur conclut par un numéro de claquettes dans le noir dont l’effet est réussi si l’on se fie à la réaction du public.

Le numéro suivant est interprété par le jeune contorsionniste Arthur Cadre, dit le « p’tit crabe », sur fond d’un morceau de Yann Tiersen composé pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. La performance se distingue d’un banal show de contorsionniste en introduisant habilement quelques mouvements de breakdance.

Enfin, Greg Selinger nous emmène dans l’implacable monde du show business avec You Can Go Much Further with Your Ideas dans lequel il raconte son parcours depuis l’école de danse moderne jusqu’à un plateau de télévision. Son discours est accompagné d’une danse énergique et acrobatique dont l’intensité se révèle dans sa voix hésitante entrecoupée du halètement d’un boxeur.

Crédit photo : Pierre Castera

Mots-clés : fringe (1)



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