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La vie d’une reine

L’histoire de la révolution française a toujours été racontée selon la version des révolutionnaires.

On se plait à voir Marie-Antoinette en femme lâche et faible qui préférait s’amuser que de s’occuper du peuple.  Il est en effet plus facile de transformer nos ennemis en monstre pour justifier la guillotine.    On pourrait donc parler de Marie-Antoinette comme étant une femme sans cœur et de montrer sa mort que le symbole de la libération de la France.  Mais ce serait lassant.  N’est-il pas plus intéressant de parler de la version qu’on n’apprend pas dans les livres d’histoire?

L’histoire de ce ballet est vraiment intéressante.  On voit l’enfant qu’a été Marie-Antoinette lorsqu’elle a été envoyée d’Autriche pour épouser le Prince royal.   À l’époque, elle n’avait que 14 ans et a été envoyé dans ce pays dont elle ne connaissait pas la langue.  Le spectacle montre bien l’inquiétude de la jeune fille qui ne comprends pas tout ce qui se passe.  On la marie avec un garçon de son âge pour qui le mariage n’a pas vraiment d’importance et ils deviennent tous les deux la risée de la cours pour leur incapacité à avoir des enfants.  En effet, la cours semble s’intéresser seulement à la vie sexuelle du couple princier.  Pendant un temps interminable, les membres de la cours poussent les deux mariés dans le lit jusqu’à ce que Marie-Antoinette tombe enceinte.  Elle aura 21 ans à ce moment-là.  Dans cet acte, j’ai beaucoup ris devant l’importance que la cours porte à la procréation du prince.  Ils passent beaucoup de temps à lui reprocher d’être impuissant ou de s’intéresser aux garçons.  C’est un œil irrévérencieux de la cours françaises qui est rafraîchissante.

Dans le deuxième acte, Marie-Antoinette est plus âgée.  Elle est à son aise à la cours et s’est fait des amies et même un amant.  Son premier enfant était une fille mais elle a maintenant un petit garçon.  La vie est faite de vin, de viande et de fête et personne ne parle du peuple qui meurt de faim.  Le nouveau roi n’aime que la chasse et ne se rends pas compte que sa femme le trompe avec un Duc norvégien ni que le peuple est sur le bord de la révolte.  Lorsque les Sans-culottes entre dans le palais, ils assassinent une amie de la Reine et mettent le toute la famille royale sous verrou.  La dernière scène est assez troublante.  Les révolutionnaires ressemblent beaucoup plus à des zombies qu’à des êtres humains affamées et la peur de la royauté est palpable.

C’est dans le troisième acte que la Reine est la plus touchante.  Alors qu’elle attend dans la prison avec sa famille, son amant viens la chercher pour la ramener et Norvège où elle sera en sécurité.  Puisqu’elle est incapable de laisser ses enfants seuls, elle se résout à rester avec eux malgré la peur de la guillotine.  Son mari, puis son fils sera amenés devant la foule pour être guillotinée avant qu’elle n’y soit amenée elle aussi.  Seule sa fille survivra au massacre et elle sera cachée dans la famille de sa mère en Autriche.  Le spectacle fini avec cette jeune fille qui joue sur le piano de sa mère en pensant à elle.




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