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Glengarry Glen Ross

Une adaptation originale de Paul Flicker

Le Centre Segal présente, pour un temps limité, c’est-à-dire du 16 au 30 mars, Glengarry Glen Ross. Il s’agit d’une interprétation de la célèbre œuvre du dramaturge David Mamet, faite par le metteur en scène Paul Flicker. Ce classique du théâtre américain est le récipiendaire du prix Pulitzer et du New York Drama Critics Circle Award en 1984. Mamet s’est inspiré de son expérience dans une agence immobilière durant les années 60 pour nous plonger dans un monde où des vendeurs impitoyables et prêts à tout, cherchent par tous les moyens à vendre des lots plus ou moins désirables  à de pauvres acheteurs crédules. Manipulation, corruption et mensonges sont au rendez-vous dans cette pièce où tous les acteurs ou presque revêtent leur costume de requin sans pitié.

La mise en scène est petite et sobre et donne un certain sentiment d’intimité avec les acteurs, ce qui est parfait pour une pièce reposant sur ses dialogues aiguisés. Il n’y a que deux lieux dans toute la pièce caractérisant chacune des deux parties de la pièce. Le bar où les vendeurs discutent et complotent est le terrain de jeu des acteurs pour la première partie. La scène est entièrement sombre sauf pour la table où les acteurs s’assoient. L’intimité est au rendez-vous et l’attention des spectateurs est rivée sur la gestuelle et les échanges des interlocuteurs.  Pour la seconde partie, le lieu de l’action est leur milieu de travail. C’est là où l’intrigue se développe et où les masques finissent par tomber. C’est le branle-bas de combat au bureau où une investigation policière prend place. Tous veulent être le meilleur vendeur du bureau tout en gardant la tête hors de l’eau.

Le jeu est franc, les acteurs intenses et les dialogues acerbes. Les spectateurs sont plongés dans un monde macho, vulgaire où les gens se coupent, s’insultent et se mentent. « Mamet est bien connu pour son écriture typique et ses dialogues explosifs, souvent vulgaires, qu’on surnomme ‘’Mametspeak’’. » L’auteur de ces mots, Paul Flicker, a visiblement été séduit par les dialogues musclés de Mamet vu qu’il n’adapte pas sa pièce à ce niveau-là.

Cette interprétation montréalaise est à voir. Paul Flicker a résussi à rendre hommage à ce classique peu orthodoxe. Je le conseille vivement aux amateurs du genre. Cependant, les oreilles sensibles peuvent songer à s’abstenir.

Mots-clés : Théâtre (92)



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