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Une session à Singapour

Fraîchement revenu de mon deuxième échange en Asie du Sud-Est, je vous dévoile tout sur la ville du lion.

Fraîchement revenu de mon deuxième échange en Asie du Sud-Est, je vous dévoile tout sur la ville du lion.

Marina Bay de nuit

Marina Bay de nuit, avec l’hôtel 5 étoiles Marina Bay Sands et le Art Science Museum

Je n’ai toujours pas changé d’avis : en tant qu’élève, il faut faire un échange à l’étranger!
Je vous ai donc déjà parlé de la Scandinavie et de ma session à Uppsala en Suède dans le dernier numéro du Polyscope, passons maintenant à l’Asie!

 

Continuons avec la ville du lion :
Bienvenue dans l’un des quatre dragons de l’Asie!
Avec ses 700 km2 et ses 5,4 millions d’habitants, c’est un Montréal sur stéroïdes (3,4 millions pour 480 km2). Cette ville-état a beau avoir les statistiques contre elle, elle est pourtant un leader économique en Asie du Sud-Est.

Suite à plusieurs dizaines d’heures de vol et d’interminables escales, vous voilà arrivé à Singapour!
Après une petite heure de MRT (le métro local), vous sortez de la station Boon Lay, encore un bus et vous êtes sur le campus de Nanyang Technological University (NTU). Décollez-vous le chandail des omoplates, bravo, vous y êtes!

Tout étudiant étranger doit se procurer un Student Pass, suite à une demande de visa sur internet. Tout vous est spécifié dans votre E-Welcome Package.
Concernant les logements, la chance d’avoir une place dans l’un des 16 Halls de résidence est assez mince : 1 sur 2. Toutefois, je ne connais encore personne de Poly qui n’a pas eu de place!
Si le ballottage aléatoire n’a pas été en votre faveur, vous pouvez toujours vous « contenter » d’un des nombreux condos qui entourent l’université : pour 700-800$ CAN/mois, vous aurez à partager une énorme piscine, un gym et d’autres installations grand luxe avec quelques autres élèves étrangers. J’ai connu pire comme sort!

Après avoir réglé le problème de l’hébergement, il faudra vous occuper de vos cours… et c’est là qu’on se rend compte à quel point le système de Poly est simple!
Premièrement, le portail de choix de cours est d’une complexité monstre. Ensuite un même cours peut être représenté par différents codes selon le programme de l’élève : ainsi, mon cours de Vibrations était plein lorsque j’utilisais son code du programme de matériaux, mais des places étaient libres quand j’utilisais le code de méca, alors que les élèves des différents programmes étaient mélangés dans la même classe! De plus, les cours ne sont aucunement synchronisés entre eux, certains commençant à l’heure pile et d’autres à la demie, rien de pire pour avoir des périodes de conflits.
Cependant, une fois tous ces problèmes résolus, il vous sera possible de profiter de votre horaire : les cours comportent souvent 2h de théorie pour 2h de travaux pratiques par semaine, et les cours théoriques étant filmés et mis sur le portail étudiant, les salles de cours se vident assez vite au fil de la session.

Le campus, quant à lui, est formidable! Avec ses airs de village de vacances, c’est un plaisir de se balader entre les différents bâtiments. Un service de navettes fait également le tour du campus.
Côté climat, ça va complètement vous dépayser. 32°C toute l’année, une humidité étouffante, renforcée par des pluies diluviennes… autant vous dire que mis à part le centre-ville (pourtant très vert), une jungle dense recouvre une bonne partie de l’île!
NTU se trouvant à l’ouest de Singapour, le campus est couvert d’une végétation verdoyante et impressionnante, habitée par de nombreux oiseaux exotiques, des geckos en quantité industrielle et même des macaques!
Le temps est habituellement très ensoleillé, mais pendant la « saison des pluies » (s’étirant de novembre à janvier), les pluies-éclair sont très spectaculaires : durant une dizaine de minutes, elles inondent tout en quelques minutes et les orages les accompagnant sont d’une force incroyable.
Mis à part ces épisodes de déluge, le temps reste tout de même plus agréable que l’hiver québécois!

Le Hall de résidence 9

Le Hall de résidence 9

Le très célèbre Singapore Sling au Long Bar du Raffles Hotel

Le très célèbre Singapore Sling au Long Bar du Raffles Hotel

Comme je l’ai dit plus tôt, Singapour est un leader en Asie du Sud-Est, c’est donc pour cette raison que la ville est un très gros pôle de convergence et on y retrouve trois principales ethnies : les Chinois, les Malais et les Indiens. Et qui dit convergence de nationalités, dit convergence de gastronomies : Singapour est le paradis de la cuisine asiatique. Les Food Courts et Hawker Centers pullulent dans la ville et il est possible de manger chinois, malais, végétarien, thaïlandais, indonésien, japonais, coréen, indien, occidental, arabe, et ce, même dans les cafétérias de l’université!
Les Singapouriens ont également peu tendance à faire la cuisine : les Food Courts étant très peu chers, il est plus facile et rapide de se prendre un plat à 2-3$ dans la rue que d’aller à l’épicerie.

Côté night life, vous allez être servis! Le comité d’accueil des élèves étrangers est très impliqué et organise au moins deux soirées par semaine! Votre foie va avoir du mal à suivre… Il sera peut-être sauvé par un petit bémol : l’État singapourien veillant au bien de ses citoyens, les taxes sur l’alcool et le tabac sont très élevées.
Une bouteille de vodka coûtant 20$ au Québec en vaut 70$ à Singapour! De quoi vous passer l’envie de boire… non, je plaisante! En tant qu’étudiant boit-sans-soif, on trouve toujours des moyens… acheter de l’alcool en duty free avant de sortir de l’aéroport en est un!
Une fois votre rhum dilué avec un peu de Coke, direction Clarke Quay ou Marina Bay pour faire la fête dans l’un des nombreux clubs huppés de la ville. Pantalons et chaussures de ville de rigueur!

Les festivités du National Day

Les festivités du National Day

La course de nuit du Grand Prix de Singapour

La course de nuit du Grand Prix de Singapour

Outre les taxes exubérantes, l’État singapourien impose des lois assez restrictives, il est souvent dit que « tout ce qui est le fun à Singapour est interdit »… ce qui amène des situations assez cocasses : d’accord, il est « normal » que les drogues soient interdites (quoique la peine de mort soit une sentence quelque peu exagérée), mais toute forme de pornographie est prohibée (dites adieu à YouPorn!), vous pouvez également être arrêté pour « importation » de gomme à mâcher, la consommation de nourriture ou de boissons dans le métro est pénalisée par des amendes de 500S$, il est interdit de ne pas tirer la chasse après être allé aux toilettes (1000S$ d’amende l’oubli), et le transport de nourriture mal-odorante dans les transports publics est interdit (après avoir senti du durian, vous remercierez cette loi). On comprend mieux pourquoi Singapour porte le surnom de « The fine city ».
Cependant, je vous déconseille fortement d’outre-passer la loi : la ville compte un nombre impressionnant de caméras de surveillance et les peines, mis à part les amendes et l’emprisonnement, vont des sentences corporelles (le châtiment à la canne ou au fouet est toujours d’actualité depuis l’époque coloniale) à la peine de mort (Singapour détient le record du taux d’exécution capitale par habitant).

L’une des nombreuses tourelles de surveillance du centre-ville

L’une des nombreuses tourelles de surveillance du centre-ville

Attention aux amendes salées dans le MRT!

Attention aux amendes salées dans le MRT!

Rassurez-vous, il reste quand même beaucoup de choses à faire dans la ville du lion : votre échange sera animé par des sorties au casino du prestigieux hôtel Marina Bay Sands, par le National Day début août, par le Grand Prix de Formule 1 courant septembre, par des soirées shisha sur Arab Street, par des Beach Party sur l’île de Sentosa et de nombreuses escapades en Asie du Sud-Est.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.