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Évolution : la controverse

Arguments scientifiques contre l’évolution

Le débat entre Bill Nye et Ken Ham a fait le tour du web le mois passé. Les arguments pour ou contre l’évolution n’étaient pas très étoffés, mais y as-t-il de bons arguments contre l’évolution?

Selon les sources, entre 87 et 99% des scientifiques sont d’accord avec la théorie de l’évolution. Toutefois, depuis sa création en 1859, de nombreuses critiques se sont élevées contre celle-ci, tant par des scientifiques que par des religieux. Les arguments contre l’évolution sont parfois entourés par d’autres croyances ou présomption, et c’est pourquoi il peut être facile de les oublier, les écarter d’un revers. Cependant, les gens qui acceptent aveuglément les préceptes de la théorie de l’évolution devraient parfois y regarder à deux fois avant de faire les sourds. En effet, beaucoup d’éléments pourraient mettre lumière sur des points difficiles à défendre pour l’évolution. Aurait-il donc des failles à cette théorie?

Tout d’abord, qu’est-ce que l’évolution? La définition officielle est : les changements des caractéristiques de populations biologiques transmis entre les générations. Ces changements se produisent par des mutations, la sélection naturelle et artificielle, et la dérive et la migration génétique. Ces processus régulent les populations d’individus de toutes espèces, et sont observables dans un myriade de disciplines scientifiques, ne laissant pas vraiment de place à une polémique.

En effet, la grande majorité de scientifiques reconnaissent une micro-évolution au sein d’un même patrimoine génétique. Par exemple, personne ne remets en question la variabilité des virus à de nouveaux vaccins (exemple de mutations), le passage du loup vers le chiwawa (exemple de sélection artificielle), l’infection virale (migration génétique), ainsi que la prédominance ou l’extinction de certains gènes (dérive génétique).

Mais ces exemples n’adressent pas certains points importants. Voici donc certains arguments contre la théorie de l’évolution.

–  2ème loi de la thermodynamique : Toute transformation d’un système thermodynamique s’effectue avec augmentation de l’entropie globale incluant l’entropie du système et du milieu extérieur. Puisque l’entropie augmente le désordre d’un système, l’organisation graduelle d’organisme vivants irait à l’encontre de ce principe. Cependant, cette loi ne s’applique que pour des systèmes fermés, et l’apport énergétique du soleil contrecarre cette entropie, rendant l’argument invalide.

– Les mutations génétiques ne résultent qu’en traits péjoratifs, et ne peuvent pas créer de l’information inexistante auparavant. Faux. La grande majorité des mutations sont neutres, et ce n’est qu’occasionnellement qu’elles sont nocives pour le reste de l’organisme. Parfois, elles sont mêmes bénéfiques, comme une bactérie qui a muté, créant une enzyme capable de digérer le nylon, un produit existant depuis 1935.

– Certains systèmes, tels que l’œil humain, le système immunitaire et les flagelles de bactéries sont si complexes et indépendants qu’il est impossible qu’ils aient évolués simplement par amélioration graduelle. Pourtant, des exemples encore fonctionnels existent à chaque étape évolutive pour ces système.

– Le manque d’exemples vivants et de fossiles de transition entre les espèces est flagrant. Bien que beaucoup d’anciennes espèces, telles que l’archéoptéryx et l’elginerpeton (espèce entre les poissons et les premiers tétrapodes), montrent un lien très clair entre les différents stages de l’évolution animale, les transitions sont souvent tellement subtiles et lentes qu’il devient difficile de savoir où commence et où finit la classification pour une espèce, en comptabilisant les variations naturelles entre les individus d’une même population.

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Évolution de l’oeil. Cet organe est régulièrement cité comme étant un contre-exemple de l’évolution incrémentale.

Cependant il est bon de se rappeler que la théorie de l’évolution n’offre pas d’explication quant à l’origine même de la vie. Les expériences du type de Miller-Urey, recréant l’état du monde tel qu’il peut avoir été au début de la vie, n’ont réussi qu’à produire les acides aminés nécessaires à l’élaboration des protéines et de l’ADN des cellules vivantes, mais pas celles-ci directement. C’est pourquoi la question de l’origine de la vie reste ouverte, et même une origine extra-terrestre est envisagée ( appelée panspermie). En effet, certains micro-organismes extrêmophiles comme les tardigrades ont même étés amenés dans l’espace en 2007 lors d’une expérience et ont survécus à un orbite de la terre. Cependant, l’hypothèse la plus populaire présentement reste la « soupe primordiale », suggérant que les conditions terrestres il y a 3.8 milliards d’années, permettaient la formation des composantes essentielles à la vie.

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Les tardigrades peuvent résister à des conditions externes comme une exposition de longue durée aux rayons X et ultraviolets, au vide presque total et à des températures proches du zéro absolu.

Mais pourquoi entendons-nous tant parler de polémique concernant la théorie de l’évolution, spécialement dans un contexte religieux? Pourtant, la théorie de l’évolution n’entre pas en conflit avec la croyance en Dieu. Beaucoup de textes sacrés de différentes religions décrivent la création. Certains croyants choisissent reléguer des parties de ces textes sacrés au domaine du mythique, du figuré, comme une leçon pour nous aider à mieux vivre plutôt que comme un récit scientifiquement exact. Il est aisé de sauter par-dessus des passages clairement destinés à une autre époque, mais la création raconte une histoire bien plus personnelle, souvent liée directement à notre perception de nous-même et à notre relation avec Dieu. C’est pourquoi la pierre la plus difficile à traîner dans la théorie de l’évolution est l’implication que les humains descendent d’une autre espèce.

Pourtant, l’étude de l’ADN nous révèle que nous sommes génétiquement plus proches des chimpanzés et des bonobos que les éléphants d’Afrique le sont avec les éléphants de l’Inde. Et la similitude génétique ne s’arrête pas aux autres espèces. 1% à 4% de l’ADN des personnes nés hors d’Afrique aujourd’hui provient de l’homme Néandertal. En effet, l’arbre de l’évolution n’est pas linéaire. De nombreux croisements horizontal survient entre des espèces suffisamment proches. Malgré que l’évolution de la conscience humaine ait pris un essor considérable avec le raffinement de la communication, nous restons une espèce parmi d’autres. Les capacités de résonnement, l’utilisation d’outils, la communication, l’amour et le respect de la mort sont des caractéristiques partagées par des dizaines d’autres espèces.

De plus, beaucoup de caractéristiques humaines sont héritées de notre évolution, devenus inutiles depuis longtemps. Prenons par exemple les dents de sagesse, l’appendice (ancien cæcum, il accueillait les bactéries nécessaires à la digestion de la cellulose), le coccyx (vestige d’une queue), la membrane nictitante (protégeait les yeux avant les paupières) , les poils et les muscles érecteurs (responsables pour la chair de poule). Dans le cas de l’appendice, ce trait hérité est même dangereux pour l’humain, abritant maintenant des bactéries pouvant entraîner une inflammation suffisamment importante pour causer la mort si elle n’est pas opérée. On retrouve des vestiges évolutifs similaires dans des dizaines d’autres espèces animales, comme par exemple les pattes postérieures non-développées chez les baleines et les serpents boas, ou encore les yeux aveugles recouverts de peau chez les rats-taupes.

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Le coccyx est un bon exemple de structure vestigiale.

En conclusion, les arguments pour la théorie de l’évolution pèsent plus fort dans la balance que ceux tentant de la réfuter. De nouveaux fossiles sont déterrés chaque année, et notre compréhension de la formidable histoire de la vie continue de s’agrandir. Plutôt que d’éteindre la foi religieuse, elle offre une explication vérifiée par des milliers d’exemples et d’observations, s’harmonisant parfaitement avec une vision spirituelle du monde. Car en effet, quelle meilleur impact spirituel peut-on trouver que de savoir que chaque espèce, végétale ou animale, a déjà été unie. Nous sommes une page dans un livre gigantesque, que des catastrophes ont réduites à 1% de tout le matériel génétique ayant déjà existé. À nous de préserver la diversité restante, car après-tout, l’évolution ne recule pas.

Sources utiles :

http://www.talkorigins.org/indexcc/list.html




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