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OSM : La Chine à l’honneur

Mariage des esprits de la tradition Chinoise et de l’harmonie symphonique de l’OSM.

En arrivant dans l’amphithéâtre moderne de l’OSM, je me demandais d’abord où étaient les artistes chinois, n’en voyant aucun dans les musiciens. Le titre de la symphonie de ce soir était bel et bien « La Chine à l’honneur », n’est-ce pas? Peut-être interpréteraient-ils des musiques d’origine Asiatique?

Mais c’est alors qu’entrent les différents musiciens d’origine Chinoise, représentant leur patrie. La première pièce met en valeur Qian Jun et Jin Kai, tous deux à la flûte traditionnelle de bambou : l’une au timbre bas et l’une au timbre aigu, tel un piccolo de bois. L’orchestre est dirigé par Long Yu, qui dirigera l’harmonie tout au long de la soirée.

Le premier morceau est étrange. Composée par Denis Gougeon, québécois vivant à Montréal, la pièce intitulée Toy (music box), est très évocatrice de chaos, empli de douceur et de nostalgie. Les flûtes de bambou donnent un air spirituel à la chanson, et en fermant les yeux, je pouvais m’imaginer dans une forêt de bambou, le vent les faisant danser follement, habités par milles esprits peuplant le folklore chinois. Malgré les harmonies parfois dissonantes, représentant l’agitation émotionnelle des souvenirs nostalgiques, j’ai beaucoup aimé la pièce.

Pour la prochaine chanson, les deux joueurs de flûte sont remplacés Jian Wang au violoncelle pour une interprétation de la pièce de Tchaïkovski : Variations sur un thème Rococo, une pièce de 20 minutes. L’émotion intense de cet interprète était phénoménale, me faisant affirmer aisément que ce fut ma pièce favorite du concert. Bien que la musique soit légère, rappelant les volutes de Mozart, la précision, l’harmonie, et l’interprétation si fabuleuse (sans la moindre partition), ont rendu l’expérience envoûtante.

Enfin, après un entracte trop court pour aller manger une pointe de tarte aux pacanes, Qigan Chen (le directeur musical de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2008), fut honoré par l’interprétation de sa pièce « Enchantements oubliés », dirigé par le même chef d’orchestre que précédemment. La pièce est très belle, rappelant d’avantage une ambiance asiatique, malgré un manque d’instruments traditionnels chinois (quoi que les tambours, xylophones et la harpe ont su imiter très bien les harmonies asiatiques).

Pour dernière pièce, une pièce de Dmitri Chostakovitch fut jouée (symphonie no 5 en ré mineur). Les instruments et l’ambiance de la pièce s’éloignent beaucoup du thème de la chine, évoqué seulement par son caractère grandiose, théâtral, militaire, rappelant l’époque maoïste de la Chine, ainsi que sa place de plus en plus imposante dans la balance mondiale.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé cette belle escapade, applaudissant à tout rompre avec le reste de la salle. Bien que le thème de « La Chine à l’honneur » ne fut pas énormément exploité, l’interprétation des artistes, ainsi que l’ambiance magique et variée des pièces m’encourage à recommander chaudement tout spectacle de l’OSM.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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