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Organon

Organon, au théâtre la Chapelle

Le 4 février dernier avait lieu la première mondiale de Organon, au théâtre la Chapelle. Cette œuvre scénique a été réalisée en résidence à l’usine C et à la Chapelle. Cette performance de Parabolik Guérilla Théâtre est une expérience en soi. La mise en scène transmet au public un questionnement profond sur l’existence. En effet, la représentation dirigée par Mélanie Verville et Alexander Wilson transporte l’humaine dans un univers second avec le son, les décors, l’éclairage et les costumes.

Le spectacle grandiose, mais simpliste se dévoile en crescendo. Tout au long de la performance, on découvre l’évolution de la vie à partir de l’atome jusqu’à la complexité qu’est l’humain à travers ses dimensions psychiques, animales et collectives. Le décor est un simple voile blanc amovible pour créer un nouvel espace considérant la scène jouée. Celui-ci servant parfois de fond, de sol et de rideau contraste avec les lumières colorées en mouvement continue. Les formes projetées font, selon moi, illusion à des cellules vivantes. Lors de la scène des deux personnages aux visages noirs et à la perruque blonde, j’y ai imaginé deux organismes à la recherche de leurs jumelles à des fins de reproduction. Toutefois, Organon laisse énormément place à l’interprétation du public. Alors, quelqu’un d’autre aurait pu s’imaginer des extraterrestres.

Par la suite, une scène se déroule dans un fond marin où il y a, entres autres, la projection d’une cellule en composition muni d’un noyau. À ce moment, il y a un affrontement entre deux êtres où finalement le rôle de la victime est interchangeable. Encore une fois, la performante bouge au rythme de la trame sonore et des éclairs de lumière. L’utilisation de musique électronique, mais aussi instrumentale joue un rôle important dans la mise en scène. Le son très intense agencé à un éclairage formel et saccadé crée un pouvoir hypnotique sur le spectateur. Au seuil de la terminaison, les performants enfilent des costumes « one-piece » beiges qui font appel à l’humain. À la toute fin, on aperçoit un objet volant téléguidé. À mes yeux, il s’agit de l’évolution finale : la technologie. En bref, Organon est une prestation contemporaine, singulière, hypothétique et symétrique ayant pour sujet l’évolution de l’humanité.

Pour plus d’informations: http://lachapelle.org/calendar/84/8743-organon/?show=16

Crédit photo: Alexandre Lampron




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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