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Réinventons les classiques

Novecento au théâtre Denise-Pelletier

C’est au théâtre Denise Pelletier, dans la sale Fred-Barry qu’a eu lieu la première de l’adaptation québécoise du célèbre roman d’Alessandro Baricco par Geneviève Dionne. C’est l’auteur du roman qui  m’a d’abord amené à voir cette pièce, mais je dois dire que la mise en scène originale de Geneviève Dionne était fantastique.

Il s’agit de la célèbre légende du pianiste marin qui passe sa vie à bord d’un navire faisant des croisières transatlantiques. Le pianiste au curieux nom de Barry T.D. Lemon Novecento est trouvé orphelin sur le navire le Virginian. Il est alors pris en charge par un marin qui l’introduit alors à la vie en mer. Le jeune Novecento se découvre une passion pour le piano et apprend rapidement en autodidacte. Adulte, il se bâtit une réputation de pianiste international grâce au bouche à oreille des passagers du Virginian. Il réinvente les sonorités du piano, guidé par les histoires des différents passagers qui veulent bien partager leurs différents récits de voyage. C’est l’histoire d’un homme qui s’invente un monde grâce aux souvenirs des autres, de peur d’être déçu par la véritable chose. Ironiquement, il est un voyageur qui n’a jamais voyagé.

Geneviève Dionne a fait le pari osé d’une une mise en scène minimaliste. Selon moi, ce pari est très réussi. En plus de donner une ambiance plus intime, la petitesse de la salle mariée à la distribution peu nombreuse rendait les spectateurs attentifs, suspendus aux lèvres des acteurs. De plus, pour imiter les va-et-vient du navire, Dionne a eu recours à des danseuses dont le balancement lent et gracieux nous rappelait celui qu’un océan peut avoir.  Quatre acteurs se partageaient la scène. Simon Dépôt, dans les rôles de Novecento et de l’animateur de soirée du Virginian, se démène comme jamais et porte la pièce sur ses épaules. Martin Lebrun narre l’histoire sous la perspective du discret Tim Tooney, meilleur ami de Novecento. Les brillantes danseuses Jacinthe Gilbert et Karine Chiasson se partagent des personnages secondaires et se chargent aussi de l’ambiance avec leurs danses langoureuses.

Cette adaptation théâtrale de Novecento : pianiste me rappelle que le théâtre a besoin de peu de moyens pour exprimer sa beauté, mais aussi qu’une mise en scène originale donne un vent de fraicheur aux récits, qu’ils soient des classiques ou non.

Mots-clés : Théâtre (92)



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