Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Jules de Balincourt au Musée des Beaux-Arts

No place for abstract painting

Alors que la Française Laure Prouvost vient de remporter le prestigieux prix britannique Turner, c’est au tour du Canada d’honorer un artiste originaire de l’hexagone. Jules de Balincourt expose pour la première fois dans un grand musée nord-américain et, vous l’aurez deviné, ça se passe à Montréal !

Peintures 2004-2013 retrace les oeuvres les plus marquantes de l’artiste sous la forme d’une installation : il s’agit d’une expérience spatiale dans laquelle chaque toile apporte une brique de cohérence à l’édifice global que constitue la salle d’exposition. Les tableaux sont relativement de grand format et en majorité figuratifs. Dès l’entrée dans la pièce, l’artiste met en garde le visiteur : «There is currently no space or place for abstract painting». Balincourt s’inscrit dans la tendance du néo-figuratif caractérisée par un rejet de l’abstraction. L’artiste entend représenter le caractère ultra-médiatisé de notre société, ainsi que le recours massif aux réseaux sociaux. Ainsi, dans Sans Titre, 2012 (voir ci-dessus), on peut par exemple voir deux continents séparés géographiquement mais fortement interconnectés grâce à des cordons de lumière dont on peut imaginer qu’ils représentent la toile invisible de l’Internet.

C’est justement parce que l’interprétation est libre que la démarche est intéressante ; Balincourt ne veut surtout pas imposer son interprétation au public, ce qui explique certainement pourquoi la plupart des oeuvres n’ont pas de titre explicite. Les influences semblent également être très variées : si certaines toiles font clairement référence à de grandes villes de la côte Est (l’artiste réside à New-York), d’autres semblent tout droit sorties de la forêt amazonienne. Tous ces éléments, ainsi que les couleurs très vivent utilisées, font de Balincourt un artiste très accessible pour les non-adeptes d’art contemporain.

L’exposition est gratuite et dure jusqu’au 24 mars 2014. Tous les après-midi de 13h à 15h30, des guides très informés sont présents dans la salle pour donner des éléments aux visiteurs leur permettant de mieux appréhender les toiles.

 

Crédit image: Sans Titre, 2012, Galerie Thaddaeus Ropac, Paris/Salzburg. Cliché Jeff Elstone.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+