Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Othello, un Maure à Venise

La tragédie de Shakespeare est jouée au Centre Segal du 14 novembre au 1er décembre

Othello est un classique du répertoire tragique. Pourtant, comme les pièces de Shakespeare en général, elle n’est quasiment jamais jouée à Montréal. Parce qu’elle est jouée en anglais peut-être, mais surtout car elle s’adresse à un public déjà acquis à la cause du dramaturge britannique et qu’un texte long et difficile n’effraie pas.

L’intrigue est pourtant des plus banales. Iago, un officier vénitien est maladivement jaloux d’Othello, un général d’origine étrangère. Souhaitant sa perte, il élabore un plan machiavélique en le persuadant que sa femme le trompe avec l’un de ses officiers, Cassio (qui a d’ailleurs ravi à Iago, selon lui, son grade de lieutenant). Usant de son entourage, sa femme Emilia et son ami Roderigo, comme de vulgaires marionnettes, Iago déploie un talent mystique de persuasion. Si le spectateur n’était pas le confident de Iago par l’intermédiaire de ses monologues ou de ses discussions avec Roderigo, il serait probablement également dupe de la supercherie.

Il est intéressant de noter que cette pièce, dont l’intrigue gravite autour d’une épouse adultère, a été mise en scène par une femme, Alison Darcy. C’est peut-être la raison pour laquelle les rôles féminins sont mis en valeur et particulièrement bien exécutés, sans jamais tomber dans la naïveté ou la niaiserie. La performance de Iago est tout à fait impressionnante, le rôle du manipulateur semblant avoir été taillé sur mesure pour le comédien Sean Arbuckle. J’ai en revanche été beaucoup moins convaincu par Othello (Andrew Moodie) dont la performance m’a semblée moins juste et plus superficielle.

Côté mise en scène, le minimalisme est de mise. Un intéressant jeu d’eau interagit avec un éclairage très vaporeux mais la scène est souvent trop vide. Ainsi, toute l’attention est portée sur les acteurs, ce qui lors des longs dialogues peut s’avérer difficile. Certains accessoires apparaissent néanmoins lors des moments d’intensité dramatique particulière, comme la scène du mouchoir ou celle du rideau de baldaquin.

 

Crédit photo : Dave Sidaway, The Montréal Gazette




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.