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Die Mobilés

Silhouettes d'émerveillement

Les lumières s’éteignent lentement. Les chuchotements de la foule meurent lentement. Après une pause, j’aperçois ma silhouette contre le voile de la scène. Des danseurs marchent dans les allées, faisant jouer l’ombre des spectateurs et de leurs mains, comme autant de colombes. Les danseurs entrent un à un, comme pour se présenter, silhouettes anonymes, très distinctives dans la résolution surprenante de l’ombre qu’ils projettent sur le voile tendu. La musique hypnotisant les membres de la salle change rapidement de tempo, dictant aux danseurs toutes sortes de scènes différentes, changeant sans cesse. Il s’agit tantôt d’un safari en Afrique, tantôt d’un voyage en Australie, d’un traîneau en Arctique, défilant des lieux typiques les uns après les autres, pour finir dans un décor urbain.
S’ensuit une histoire d’amour, très belle et émouvante, accompagnée d’une musique bien choisi, quoi que caricaturée dans ses transitions et choix, où l’on suit un couple dans ses périples. Grâce à leur corps, qu’ils transforment à leur grés en toutes sortes d’objets de décor, les danseurs nous font vivre avec une grande clarté les différentes étapes de la vie, toujours avec un bon soupçon de poésie, avec un sens sous-jacent. Plus d’une fois, je me surprenais avec la bouche ouverte, émerveillé de leur ingéniosité et des émotions qu’ils véhiculaient, avec pour seul outils l’ombre de leur corps dansant.

Il s’ensuit un moment comique où le danseur principal vient à l’avant et se dispute avec son ombre, jouée par un autre danseur, et c’est reparti pour un concentré d’endroits exotiques, entachés de symbolique frappante, et d’émotions emmêlées, semblant rembobiner le film du spectacle. Et c’est déjà la fin! Une heure déjà? Je me lève et applaudit de toutes mes forces avec la salle en extase. Sous les vivats qui ne meurent plus, ils reviennent trois fois pour nous remercier et nous saluer.
Image article Die Mobilés 1625
J’ai adoré ce spectacle, premier du genre qu’il m’avait été donné de voir. Le cocktail d’émotions que j’ai ressenti ne m’a pas épargné, et j’ai les yeux un peu humides, mais avec un grand sourire. En sortant de la salle, quelques-uns se plaignent que le son était trop fort (c’est un peu vrai, si vous êtes chochottes), mais tous se disent dans des murmures excités qu’ils étaient émerveillés.
Je suis de leur avis.

Die Mobilés, troupe française, sont ici pour un mois au théâtre Saint-Denis, alors allez-voir leur programmation, et ne manquez pas le prochain spectacle !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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