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Un séjour « pas reposant » au Motel des Brumes

La pièce le motel des brumes est présentée au magnifique théâtre Hector-Charlant situé à l'Assomption dans la région de Lanaudière depuis le 28 juin dernier. Le spectacle prendra fin le 24 août prochain.

Dans un très élégant mélange de science fiction et d’humour québécois, la pièce Motel des Brumes, écrite par Jacques Diamant et mise en scène par André Robitaille, réussit avec brio à nous émouvoir de plus d’une façon. L’oeuvre raconte en fait l’histoire fictive d’un couple de propriétaires d’un motel du Bas-Saint-Laurent. Ces derniers font face à d’étranges phénomènes se déroulant au sein de leur demeure. En effet, de nombreux indices laissent croire que leur domaine serait hanté par une présence spirituelle, présence qui gêne bien les aubergistes qui tentent tant bien que mal d’attirer de nouveaux visiteurs. Comment pourront-ils remédier à cette situation pour la moins bouleversante ? C’est ce qu’on découvre avec suspense et amusement au cours de cette pièce.

J’ai bien aimé de façon générale cette comédie. Bien qu’on y trouve un scénario un peu typique d’un fantôme farceur qui cause tourments aux habitants innocents d’une demeure de région, les effets visuels aussi divers que surprenants nous tiennent en haleine jusqu’à la fin du spectacle. J’ai bien rigolé entre autres lors d’une scène au cours de laquelle la tête d’ un des personnages bascule subitement de bas en haut d’une façon anormale sous la manipulation d’ un esprit voulant s’amuser un peu. Lévitation, téléportation et apparition de feu dans les mains d’un des personnages s’ajoutent aussi à la longue liste de tours de magie pouvant être aperçus dans la pièce. Je ne fus d’ailleurs par surpris de constater que nul autre que le Luc Langevin, magicien bien connu ainsi que vedette de l’émission Comme Par Magie, eu été utile à la production théâtrale pour ses conseils magiques. Si certains diront que le décor était peu changeant au cours de la présentation, j’aimerais néanmoins souligner le travail impeccable des comédiens participant au projet Motel des Brumes. J’ai remarqué effectivement que chaque comédien campe bien son rôle. Bernard Fortin, par exemple, en incarnant le «niochon de service» (Simon Levert), nous fait pousser plus d’un rire.

Par ailleurs, une autre richesse de l’humour de cette comédie se situe selon moi dans le contraste des caractères des personnages. Si Robert Fraser, propriétaire du motel, (Claude Prégent) croit naïvement que rien ne peut troubler son établissement, sa femme au contraire a tendance à s’inquiéter davantage de l’avenir de leur bâtisse. Ces différences donnent souvent lieu à des dialogues comiques entre les personnages. De plus, on retrouve la même caractéristique chez les deux fantômes de la pièce soit Gabrielle Fraser (Marie-Soleil Dion) et Antoine Léger (David-Alexandre Després). Si cette fois, Antoine profite surtout de sa forme spectrale pour effrayer les propriétaires du motel, Gabrielle cherche plutôt à comprendre pourquoi elle est devenue fantôme et comment elle devrait agir en conséquence. Cette différence crée en plus d’un certain humour, une certaine interrogation sur la vie après la mort. Que ferions-nous si nous devenions soudainement des fantômes ? C’est une question que je me suis posé en sortant de cette pièce.

Bref, rires et frissons sont au rendez-vous au théâtre Hector-Charlant cet été dans cette pièce bien divertissante.

Mots-clés : Théâtre (92)



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