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Le Québec à l’assaut d’Hollywood

Certaines réalisateurs québecois nous font honneur cette année

Dans le monde clos et huppé d’Hollywood, il est très difficile de faire ses preuves en tant que réalisateur. Surtout lorsqu’on provient d’un milieu francophone et qu’il faut concurrencer les énormes productions américaines boostées aux dizaines, voire centaines de millions de dollars. Il ne reste alors que le talent pour sortir son épingle du jeu. Notre Denis Arcand peut en témoigner. Après son chef-d’œuvre oscarisé, Les invasions barbares, les critiques n’ont pas toujours été tendres avec ses films. Depuis, il semble s’être volatilise du cinéma canadien alors qu’il ne l’a jamais vraiment quitté. Cependant certaines de nos pépites québécoises nous font honneur cette année.

En 2013 nous pouvons voir Denis Villeneuve et Jean-Marc Vallée briller au grand écran grâce à leur style et à un casting de choix. Le premier s’est déjà illustré grâce au film Incendies tiré de la pièce de théâtre du metteur en scène Wajdi Mouawad. En effet, cette adaptation lui a valu une nomination aux oscars pour meilleur film en langue étrangère. Pas mal pour un p’tit gars de Gentilly! Dernièrement, il a réussi à réunir deux stars d’envergure : Hugh Jackman et Jake Gyllenhall dans sa dernière œuvre  Prisonners. Ce film, à l’affiche au Québec depuis le 9 octobre, est un thriller policier dans lequel les fillettes d’un père de famille de Boston (Jackman) disparaissent lors d’un kidnapping. Aveuglé par le désespoir et la frustration envers l’inspecteur impuissant (Gyllenhall), le père cherche à se rendre justice en traquant le principal suspect. Un thriller puissant déjà acclamé par la critique.

Pour ce qui est de Jean-Marc Vallée, il a tenu à prouver que sa carrière ne se résume pas à un ‘’One Hit Wonder’’. Fort de son succès avec C.R.A.Z.Y., le réalisateur montréalais a réussi à attirer le talentueux Matthew McConaughey pour un tournage ambitieux. Avec Dallas Buyers Club, ce duo inédit a pris tout le monde par surprise. Et que dire du budget… 5,5 millions de dollars pour cette production américaine ! Vallée a du composer avec un budget beaucoup plus serré que prévu, ce qui témoigne de son courage et de sa persévérance pour mener son projet à bout peu importe l’ampleur des contraintes pécuniaires. Le tout est inspiré d’une histoire vraie. Ron Woodroof, un ‘’party boy’’ homophobe, accros aux drogues et aux mœurs peu recommandables est diagnostiqué séropositif. Son médecin lui annonce qu’il n’a plus que 30 jours à vivre. Il décide de mener son dernier combat contre les compagnies pharmaceutiques américaines afin de rendre un médicament particulièrement efficace aux personnes atteintes du sida. L’histoire d’un véritable anti-héros auquel le spectateur finit par s’attacher. Ce film se dirige lentement vers les oscars avec un McConaughey fortement pressenti pour le prix du meilleur acteur dans un premier rôle.

On assiste à la graduation de nos réalisateurs. La confirmation des espoirs fondés en eux est concrétisée à travers ces films d’ors et déjà salués par la critique.  Une telle évolution ne peut qu’être bénéfique pour l’industrie du cinéma québécois. En effet, en voyant la qualité de nos réalisateurs, les producteurs américains seront plus intéressés par le marché québécois. De nombreuses portes pourraient être ouvertes pour comédiens, techniciens et artistes de tout genre de chez nous. C’est peut-être le début d’une révolution du monde clinquant d’Hollywood, il y a de quoi être fiers !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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