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L’expérience Bassnectar

Bassnectar et Koan Sound ont joué leurs sons à la fois si particuliers et emblématiques, à l’occasion de l’Immersive Music Tour au Métropolis.

La bass music est en pleine expansion depuis les années 2000. Elle prend naissance au Royaume-Uni et constitue la relève du mouvement big beat (The Prodigy, Fatboy Slim…), caractéristique des rave parties. C’est un terme générique qui englobe aussi bien dubstep, drum & bass  que drumstep  par exemple. Les deux  performances du 12 octobre ont chacune leur touche d’originalité et font figure d’expériences musicales exploratoires.

L’ouverture a été effectuée par Koan Sound, dont le logo était sobrement projeté sur l’écran pendant leur set.  Ce dernier était une très bonne interprétation de leurs morceaux les plus connus, déluge de drum & bass  posée mais ponctuée de nombreux breaks et autres changements de rythme. Le son des deux DJ britanniques fourmille de mélodies superposées ce qui le rend si vivant. La prestation fut une bonne démonstration technique pour préparer à la suite.

L’arrivée de Bassnectar fut l’incipit d’un chapitre de musique inédit pour ceux étrangers à son style. En effet, cet ancien adepte de genres aussi éloignés que le métal d’un côté, et le trip-hop ou downtempo de l’autre, parvient à en soutirer le meilleur, les faire fusionner et éclater au travers de mélodies accrocheuses et de drops agressifs. Ceux qui ont tenté de qualifier son genre utilisent des mots comme amorphe, sans limite, ou freestyle. Le concert était sous le signe de son dernier EP « Take You Down » mais faisait la part belle aux bonnes surprises, comme Rage Against the Machine. L’hommage à “Bro Hymn” était aussi un clin d’œil très apprécié pour les fans de hockey. Le « pic » de la soirée était certainement pour son originale « Expanded », très représentative du californien.

Le spectacle visuel qui accompagnait le son était tout aussi intense. En plus de la projection derrière l’artiste, un écran coffrait la table de mixage, formant un écran géant enveloppant Bassnectar.  Les clips vidéo contribuaient au voyage dans le psychédélique, avec entre autres des formes multicolores voguant à travers le temps et l’espace, des pyramides occultes et des explosions de laves. Le jeu d’éclairage ajoutait une dimension supplémentaire, en donnant une illusion de relief à certains effets spéciaux.

Et pour cause, Bassnectar fait partie de ces artistes qui misent beaucoup sur leurs tournées mondiales plutôt que sur leurs ventes d’album, un peu à l’image de Radiohead. La plupart de ses musiques sont d’ailleurs en écoute libre sur son compte  Soundcloud. Sa réputation est telle que ses groupies, les « bass heads », se déplacent à travers les Etats-Unis pour assister à ses représentations. Parmi les personnes que j’ai rencontrées, nombreuses étaient celles qui n’en étaient pas à leur premier concert, voire portaient T-shirts et tatouage du logo de l’artiste.

En bref, la musique ainsi auto-proclamée « immersive » prend tout son sens en live.  Les hommes torse nu dans la salle bondée et suante, les pogos, body surfing et les cheveux taille hanche de Bassnectar virevoltant dans tous les sens au gré de lignes de basses sont recommandable à toute personne prête à tenter l’expérience.

Bass2

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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