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Le Murmure du coquelicot: un mariage manqué

Critique

Du 17 septembre au 12 octobre est présenté au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) Le Murmure du Coquelicot, une création du collectif d’acrobates Les 7 doigts de la main. Le concept est pour le moins original : la talentueuse troupe tente, à l’occasion de son passage au TNM, de joindre le cirque et le théâtre.

Le protagoniste, interprété par Rémi Girard, est un acteur en fin de carrière, sans grande envergure. Il se retrouve à passer une audition pour le moins surprenante devant une mystérieuse inconnue (Pascal Monpetit), qui ne cesse de le questionner sur son passé. De par ses interrogations et avec l’aides de turbulents acolytes ( Les 7 doigts de la main), elle pousse le comédien à revivre sa jeunesse.

Réglons d’abord quelque chose : Les 7 doigts de la main sont époustouflants. Ceux d’entre-vous qui ne les avez jamais vus en action doivent absolument assister à une de leur performance. Le Murmure du Coquelicot alterne grosso modo entre les séquences « théâtrales » et les numéros d’acrobaties. Ces derniers sont épatants et le collectif d’acrobates insufle une douce folie à sa performance. Si certains numéros sont très drôles, à la limite du burlesque, d’autres offrent des sensations fortes (comme ceux sur le mat chinois). On parvient même à émouvoir avec une performance de tissus aériens d’une beauté saisissante. Les acrobates montrent leur versatilité grâce à deux numéros musicaux biens exécutés. En bref, Les 7 doigts de la main, sont des bêtes de scènes et valent à eux seuls le détour.

C’est au niveau de la dimension « théâtrale » que le bât blesse. Le principal problème, c’est que le texte est faible. Les dialogues ne captivent pas et les blagues tombent à plat. On tente de faire preuve de lyrisme, mais avec maladresse. Résultat, l’épreuve de l’acteur peine à intéresser réellement et le spectateur se surprend à attendre avec impatience le prochain numéro de cirque. Certes, Rémi Girad et Pascal Monpetit font, sans surprise, bonne figure. Monpetit se prête même un moment au jeu des acrobaties. Ils sont toutefois bien mal servis par le texte…

En somme Le Murmure du Coquelicot est un mariage de genre bien imparfait. L’aspect théâtral échoue à transmettre de l’émotion, et on se retrouve devant un spectacle de cirque qui, bien qu’excellent, est sérieusement dilué.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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