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Osheaga jour 2

Dérogation de l'homéostase festivalière

Le format de cet article reflète celui d’Osheaga: les évènements discrétisés se suivent et la tâche d’attribuer un contexte plus global à ceux-ci est laissée au lecteur festivaler. Lire un texte au sujet d’un concert auquel nous n’avons pas assisté est un exercice futile. Voici ce que j’ai vu, entendu et vécu lors de la deuxième journée d’ Osheaga. À vous de comparer avec votre expérience festivalière. À ceux qui n’y étaient pas, j’espère vous avoir convaincu de ne pas gaspiller votre temps à lire cet exposé qui vous sera d’aucune valeur.

Stars

L’atmosphère était légère pendant la première moitié du concert du groupe montréalais. Les chansons du groupe semblaient êtres inconnues à une bonne majorité des spectateurs. L’effet sur la foule n’était pas palpable. L’homéostase suivait son cours. C’est à ce moment, entre deux pièces, que le chanteur du groupe prit la parole. « J’ai un micro et je peux dire ce que je veux. » dit-il d’un air provocateur. « Il faut qu’on se débarasse de Harper et de ses voyous! Il faut reprendre le Canada! » s’écria-t’il. La foule l’applaudit chaleureusement avec entrain. Ce petit discours eut l’effet de réchauffer la foule et de la préparer à l’explosion d’émotions qui approchait. Ce moment arriva avec le début de la célèbre pièce « Your ex-lover is dead ». « Si tu n’arrêtes pas de chanter, je vais me fâcher! » pouvait-on entendre sur le parterre suite à l’explosion causée par le célèbre morceau.

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« J’ai un micro et je peux dire ce que je veux »

K-os

Lorsque le rappeur k-os est arrivé sur scène, la lumière de la journée commençait à se dissiper. Les lumières de la scène prirent la place laissée vide. L’apparence de la scène était complètement changée et semblait indiquer le début d’une approche artistique différente. Après avoir utilisé son hit « Sunday Morning », k-os ne se gêna pas de reprendre « Umbrella », le récent classique de la chanteuse pop Rihanna. Lors du refrain, la musique commença à diminuer d’intensité et la voix commune de la foule prit la place. On entendait chanter le refrain: « Ella ! ella ! eh ! eh. Under my umbah-rella ». K-os reprit position en faisant un peu de beat-box au dessus des voix et en balayant ses bras au dessus de lui. Une vague de mains le suivit. Avant de quitter la scène, k-os prit la parole pendant quelques instants: « Je sais que vous aimez le nouveau rap. Par contre, si votre rappeur préféré n’a pas de DJ, qu’il aille se faire foutre! » déclara-t-il. Bien sûr, son DJ et son groupe n’étaient pas bien loin derrière lui.
Imagine Dragons

Ce groupe du Nevada s’est vraiment démarqué par son énergie et par la sincérité de sa démarche. Sur scène était aménagé le plus grand « bass drum » que j’ai vu de ma vie. Ce tambour gargantuesque attendait calmement l’arrivée du groupe. Lorsqu’un extrait audio de tonerre a joué, le chanteur est arrivé en courant sur la scène – baguettes de batterie à la main – et a commencé à frapper la percussion avec une intensité qui était hors de ce monde. Toute l’énergie de son coprs était utilisée pour accomplir ce geste. Le son de son tambour était incroyablement puissant. Les spectateurs sont devenus hypnotisés par son rythme et on se sentait comme si on assistait à un genre de rituel tribal. L’air est devenu rempli d’électricité.

À plusieurs reprises pendant le concert, le chanteur a exprimé sa gratitude envers le public d’avoir l’opportunité de jouer à Osheaga: « Il y a quatres ans, on jouait à Montréal dans une petite salle devant 50 personnes. Aujourd’hui nous sommes à Osheaga. C’?est extraordinaire! Osheaga est vraiment devenu un festival légendaire! » expliqua-t-il. Il répéta ce genre de message de gratitude un nombre de fois anormalement élevé. Nul ne remettait en question la sincérité de ses émotions (comme on le fait parfois lorsqu’un artiste parle de son amour pour une ville). Pendant la pièce « On top of the world » (au septième ciel), le groupe avait réellement de l’être. Le concert a terminé avec la pièce « Radioactive ». Un solo de « tapping » du guitariste Wayne Sermon a signalé la fin de la pièce. L’air s’est vidé de son électricité.

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Le garguantuesque « bass drum » de Imagine Dragons

Macklemore & Ryan Lewis

Macklemore a montré son côté « conteur d’histoires » sur la scène Montréalaise. « Ma grand-mère habitait ici à Montréal. Elle était infirmère là-bas.. à l’hôpital Royal-Vic. » raconta-il. Il raconta qu’un jour, sa grand-mère s’occupait d’un patient en phase terminale et que celui-ci voulait voir la ville une dernière fois avant la fin de ses jours. « Où veut tu aller? » demanda la grand mère de Macklemore. « To the Thriftshop!!! » cria ensuite Macklemore. Le beat de son célèbre hit de ce nom commença à jouer.

Plus tard dans le concert, Macklemore raconta à la foule une période difficile qu’il eut à traverser dans sa vie. « Quand j’étais jeune, je manquais d’habileté avec la bière. Je n’étais pas capable d’avoir une consommation mondérée comme mes amis. » raconta-il à la foule. « Aujourd’hui, je suis fier de dire que je suis sobre! » cria-t-il à la foule. Les quelques personnes dans la première rangée de la foule l’applaudirent. Les lignes de gens derrière lui baillèrent. Macklemore devrait apprendre à modérer le nombre d’histoires personelles rancontées lors d’un seul spectacle s’il revient à Montréal.

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Macklemore le conteur d’histoires

Beck

Beck est l’artiste qui s’est le plus démarqué lors de cette journée par la maîtrise totale de son art. Sa prestation prit un aspect théâtral rarement vu lors de spectacles de rock. Beck ne date pas d’hier et cela paraissait. Son spectacle n’était pas un amas de pièces disjointes comme ceux de certains autres artistes non expérimentés. Les différentes parties de son répertoire formaient un tout cohérent: entre deux pièces, il savait jouer avec les émotions de la foule. Petit à petit, il montait le niveau de stress jusqu’à atteindre un plateau. Juste au moment où la foule commençait à s’ennuyer à cause de cette halte apparante, il continua à générer du stress théâtral. Au moment où la foule n’en pouvait plus, il mena ses intensions à une apogée et finalement dégonfla habilement la situation. Il la rammena à un niveau émotionnel stable et agréable. La journée se termina de cette façon: envoutée par la psychologie de Beck et un retour à l’homéostase signée Beck, le maître de la scène.

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Beck – hypnotiseur et maître de la scène

Crédits photo : Pat Beaudry

Mots-clés : Osheaga (12)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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