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Relâche de Dubstep

La dubstep, c’est typiquement le genre qui aura façonné le début de cette décennie pour la jeune population, au même titre que la disco pour les années 80 si j’osais être visionnaire. Que l’on aime ou pas, tout le monde connaît ou en a simplement entendu dans les pubs ou bandes-annonces de films. Il y a cependant plusieurs degrés de connaissance : 1 : niveau Skrillex (pour ceux dont le genre se résume à cet artiste)
2 : niveau intérêt (on va un peu plus loin, on comprend qu’il y a une multitude de sous-genres) 3 : niveau underground, pour les geeks de la discipline.
Le mélomane dont la curiosité le fait évoluer depuis le niveau un va immédiatement tomber sur Doctor P et Flux Pavilion. Ces deux artistes sont d’autant plus appropriés qu’ils nous viennent d’Angleterre, Londres étant le berceau de la dubstep.

Forts de nombreuses collaborations depuis leurs débuts, leurs remixes de Louder et Gold Dust font toujours partie des titres les plus écoutés sur les chaînes spécialisées sur Youtube. Ils ont notamment présenté Circus One, une compilation qui est une très bonne introduction au genre.

Les deux DJ se sont succédés au platines pour deux prestations qui se sont révélées, on s’y attendait, très bonnes mais équivalentes, tant ils sont indissociables. Leur son est caractérisé par des build-up ou préludes particulièrement mélodieux avant une avalanche de basses mêlées de sonneries stridentes. On est bousculés par des changements de rythmes omniprésents, fatigants, à tel points que seuls quelques énergumènes habitués des salles obscure parviennent à produire une danse qui ressemble à quelque chose. N’étant pas un grand aficionado de dubstep, j’ai été agréablement surpris par la consonance générale de drumstep, genre typiquement plus digeste par sa continuité. Et pour cause, un des pics de l’ambiance aura été pour Internet Friends de Knife Party, groupe aussi basé au Royaume-Uni et résolument influencé par ses origines de drum & bass.

Si on va voir ces artistes au théâtre Thélus, c’est en grande partie pour profiter d’un système de son et lumière agressif. La salle bondée avait un arrière-goût d’étudiants s’accordant une pause entre deux révisions d’intras en période de relâche. Il fallait y être pour comprendre à quel point un DJ aux allures de rappeur et un blondinet légèrement bedonnant peuvent susciter un tel engouement.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.