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Oroonoko

Je n’ai jamais été enclin à utiliser un style d’écriture précis, n’y d’utiliser un modèle préparé à l’avance. Quand je lis un article où une critique sur une pièce de théâtre, je n’ai pas envie de me heurter à un style scientifique ou encore à un article typique dénué d’âme et ne servant qu’à décrire sans artifice une chose. Ceci est un bien drôle de préambule me direz-vous et je vous y donnerai raison, mais croyez-moi lorsque je vous dis que ce n’est pas une chose que je vais vous décrire, ce n’est pas une pièce de théâtre, ce n’est pas une œuvre, mais c’est un moment de ma vie où j’ai eu la chance d’être spectateur et de ressentir un moment unique. Je veux décrire ce moment de telle sorte qu’en interprétant ces simples mots vous aurez des images qui traverseront votre esprit et qui avec un peu de chance vous donneront envie de partager ou de confronter ma vision en devenant comme moi témoin de ce moment unique.
Tout d’abord, cela était ma première expérience au théâtre MAI (Montréal, arts interculturels) et je peux déjà vous dire que ce ne sera pas ma dernière. À mon arrivée, j’ai déjà été charmé par l’accueil chaleureux d’une équipe constitué principalement de femmes (vous comprendrez pourquoi j’ai trouvé cela intéressant à prime abords). Le petit café où j’ai attendu l’ouverture de la salle avec une ambiance lumière tamisée et éclairée à la chandelle me donnait déjà le ton de la soirée, simple, mais efficace. L’ouverture des portes vient enfin je suis déjà surpris par l’allure de la salle. Une petite pièce, où nous sommes probablement seulement une cinquantaine de spectateurs et dont la scène prend l’autre moitié de l’espace. À notre arrivée nous avions droit à une musique africaine d’ambiance joué à la guitare et au tambour par deux personnages présent sur scène.
La pièce prend place, le rideau est levé (métaphore) et voilà qu’on entame un périple en colonie anglaise où deux protagonistes mondaines présentent l’histoire qui nous intéresse ici. L’histoire est celle d’un jeune prince africain du nom d’Oroonoko dont les détails de la pièce ne seront pas discutés ici, car la pièce est une adaptation du livre du même nom d’Aphra Behn par Paul Van Dyck. L’une des deux protagonistes est le personnage d’Aphra Behn décrivant l’histoire d’Oroonoko dont elle avait eu la chance de connaitre dans les colonies sud-américaines. L’histoire est un mélange d’épisodes entre les deux jeunes femmes d’une manière narrative et de l’histoire en temps réel. Parfois même peut-on voir les deux se produire en même temps, en premier plan la narration et nos deux protagonistes et en arrière plan la scène. L’espace de la scène, bien que restreinte, est utilisé d’une façon très intéressante et dynamique. Les décors sont très minimalistes et c’est ce qui fait le charme de cette interprétation. La réutilisation est à l’ordre du jour dans cette mise en scène très intéressante où le dynamisme et la simplicité sont les ingrédients d’un décor efficace et captivant.
La pièce Oroonoko n’est pas seulement une histoire d’amour, une histoire d’honneur où de sacrifice, c’est une histoire démontrant la position de l’homme noir dans un contexte historique et politique passé et aussi et surtout celui de la femme dans ce même contexte et qui encore présent aujourd’hui. Je lève mon chapeau à la production et à l’interprétation de cette pièce qui a su suscité mon intérêt tout le long et a su me charmer par son interprétation vivante et authentique.
La pièce Oroonoko est en salle du 6 au 10 et 13 au 17 février 2013 au théâtre MAI. La pièce est en langue originale anglaise.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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