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Die Antwoord et Sónar Festival

Samedi dernier se tenait la première édition du Sónar Festival entre les murs du Métropolis. Le concept barcelonais développé en 1994 veut rassembler en un lieu l’espace de quelques jours l’avant-garde musicale et des arts multimédia. Parmi les artistes ayant pris possession de l’espace catalan figurent entre autres Daft Punk, Amon Tobin, Björk, Deadmau5 et Modeselektor. Depuis, le format s’est exporté à travers les scènes mondiales de Londres à Séoul en passant par Buenos Aires, Tokyo et Le Cap.

Cette année, c’est au tour de l’Amérique du Nord de profiter des artistes promus par le festival, avec un passage marquant à Montréal. L’ambitieuse programmation regroupait notamment Die Antwoord (Afrique du Sud), Tiga (Montréal), Azari & III (Toronto), Seth Troxler (États-Unis), Paul Kalkbrenner (Allemagne) et Nic Fanciulli (Grande-Bretagne).

Soirée se profilant jusqu’aux petites heures de la nuit, les artistes en scène ont su orchestrer avec brio l’impressionnante foule rassemblée au Métropolis. On ne ressort pas du Sónar Festival comme d’un simple piknic electronik… on termine essoré, complètement vidé par l’avalanche musicale et sensorielle. Des sonorités envoûtantes de Nic Fanciulli aux effets tromboscopiques accompagnant les mix de Paul Kalkbrenner jusqu’aux animations du collectif berlinois Pfadfinderei, la rétine s’imprègne de stimuli, l’ouïe sature, le torse vibre sous les basses fréquences. Et encore… les sud-africains n’ont toujours pas commencé…

Une impressionante attente de 30 millisecondes suffirent pour déchainer le public à l’arrivée de Yo-Landi Vi$$er, Ninja et DJ Hi-Tek. Véritables virtuoses de scène, leur énergie explosa à travers les compositions de leur plus récent album Ten$ion. Habitués à semer la controverse par des textes et des rythmes violents, leur renommée fut acquise à travers les années par la production de vidéo clips décalés au sein desquels évoluent les personnages interprétés par le duo de chanteurs. I fink u freeky et Fok julle naaiers illustrent cette ambiance sombre et lourde véhiculée par le groupe. Presque l’ensemble de leur album fut présenté, des plus connus Fatty Boom Boom ou Baby’s on fire sans oublier la plus instrumentale et subtile Never le nkemise.

Comment transposé un univers déjanté issu de la culture zef sur scène ? Comment ne pas perdre les fans pour lesquels Die Antwoord se résume à deux ovnis exhubérants d’internet ? La question mérite d’être posée. Car si en vidéo Yo-Landi et Ninja sont passés maître dans l’art de surprendre, la performance offerte lors du Sónar Festival relève du pur plaisir coupable. Décor minimaliste, si ce n’est un subtil personnage du clip Evil Boy, de par leur seule présence magnétique le groupe réussit à justifier leur réputation de pures bêtes de scène. Seules les quelques notes débutant l’emblématique Enter the Ninja auront eu raison des amateurs les moins convaincus. Ils sont louches, ils sont trash, mais ils rock solidement !

Et en ressortir complètement essoré. Après une telle performance, le public se laissa porté par Azari & III, Tiga et Seth Troxler. Une véritable rave sans fin où les décibels s’amplifièrent jusqu’à très tôt en matinée. Pour un premier arrêt historique à Montréal, le Sónar Festival a rencontré un succès indiscutable, ne donnant envie qu’à sa seconde édition l’an prochain !

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Ninja de Die Antwoord, photo d’Eva Blue

Mots-clés : Musique (217)



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