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Blackbird au Festival du Nouveau Cinéma

Aperçu article Blackbird au Festival du Nouveau Cinéma

Écrit et réalisé par Jason Buxton
Le Festival du Nouveau Cinéma, ce n’est pas seulement, des films, c’est aussi des court-métrages, des expositions, des œuvres interactives et des conférences pour nommer que ceux-là. Ce festival qui fête cette année sa quarante et unième édition met à l’honneur des productions québécoises et canadiennes, mais aussi de 53 autres pays pour un total de 288 films.

Une dizaine de lieux montréalais se répartissent les représentations de ce festival, dont le cinéma Excentris, sur la rue Saint-Laurent qui présente le film canadien Blackbird. Ce long-métrage se concentre sur la vie de Sean, adolescent de seize ans, lorsqu’il est contraint de déménager dans une petite ville de Nouvelle-Écosse pour vivre avec son père. Son aspect gothique et ses goûts plus sombres en font la victime des jeunes de son école, le menant à tenir un journal et un site internet à caractère vengeur. Il trouve pourtant l’amitié et l’amour chez une jeune fille, Deanna, apparenté à ses martyrs. L’histoire déboule lorsque la police retrouve chez lui les armes illégales de son père et les propos haineux portés à l’endroit de ses bourreaux. Il est alors accusé d’avoir planifié une tuerie à son école et est expédié à Waterville, une prison pour jeunes délinquants.

Cet excellent film présente l’histoire trop peu souvent racontée de mineurs Image article Blackbird au Festival du Nouveau Cinéma 1508 accusés de crimes et pour lesquels il n’est pas possible de connaître les détails (mineur). L’on nous offre ici l’occasion de jeter un coup d’œil sur le processus judiciaire. Mais c’est surtout l’aspect complet de cette œuvre qui intéresse, ces multiples thèmes et son authenticité. En effet, la pression sociale vécue par les différents protagonistes, que ce soit Sean, Deanna ou les prisonniers de Waterville est omniprésente tout au long du film et est abordée de multiples façons. Il y aussi l’emprisonnement, qui n’est pas simplement abordée par le simple fait que Sean soit incarcéré; l’on discute ici aussi de prison mentale et de ses conséquences sur la vie des protagonistes. Les effets sonores dans Blackbird contribuent à cet aspect d’emprisonnement : le son intense lorsque Sean est envoyé à Waterville qui est par la suite remplacé par les cris des jeunes à son arrivée dans le dortoir, comme s’il passait d’une prison à une autre, sans espoir de s’échapper. Finalement, un thème majeur du film est le fait de rester honnête et vrai envers soi-même, ce que démontre Sean à de multiples reprises, le représentant comme un jeune homme très mature.

La façon avec laquelle l’histoire est racontée est très intéressante, puisque l’on a initialement l’impression que l’on assiste à une autre de ces histoires maintes fois abordées de jeunes reclus et marginaux. Par contre, l’on comprend rapidement la profondeur de l’histoire de Sean et de ses angoisses. Une autre félicitation à ce film est le fait qu’il présente l’histoire d’autres protagonistes qui est pire que celle du personnage principal, à Waterville notamment. Ce qui intéressant puisqu’à ce moment, tout en ce concentrant sur l’histoire principale, l’auteur présente une autre réalité, ce qui par le fait même, ajoute de l’authenticité à l’œuvre.

Un point fort du festival est sans contredit l’opportunité des visiteurs de rencontrer et d’entendre le point de vue des créateurs par rapport à leur œuvre. C’est la chance que j’ai eue lors de la présentation de ce film. L’auteur a eu l’occasion de répondre aux questions des spectateurs et de décrire son œuvre. Il nous a par ailleurs fait part que le processus de recherche des acteurs a été pointilleuse pour s’assurer qu’ils étaient tous assez méconnus pour ajouter de l’authenticité au film, ce que nous applaudissons. Un bravo à ce premier film écrit et réalisé par M. Jason Buxton, qui a gagné le Meilleur premier film canadien au Festival du Film de Toronto 2012. La deuxième et dernière représentation du film se tiendra au cinéma Excentris, le 20 octobre.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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