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PIPA et SOPA

Grâce aux protestations impossibles à ignorer de géants de l’internet comme Wikipedia et Mozilla et de l’aide de leurs milliers d’utilisateurs, les projets de loi SOPA et PIPA ont été temporairement abandonnés par les législateurs Américains. Les protestations ont eu l’effet désiré en l’espace de deux jours. C’est une réussite pour la population Américaine qui aurait souffert à cause de ces deux lois dangereuses et inefficaces. Leur entrée en vigueur aurait nuit à l’innovation et aurait brimé les libertés civiles du peuple américain.

Le mécanisme de prévention du piratage de SOPA et PIPA

Le but des deux lois était de donner aux compagnies qui créent de la propriété intellectuelle des outils pour combattre le vol des fruits de leur labeur. Concrètement, la nouvelle législation aurait donné le droit aux compagnies victimes de piratage de demander l’élimination de l’accès à l’url du site internet où se trouvait le produit piraté. Après une demande au département de la justice, le gouvernement aurait le droit d’obtenir une ordonnance légale permettant cette supression. Sous les nouvelles lois, tout ceci pourrait se faire sans même avoir notifié le propiétaire du site suspect. Il n’aurait pas droit à un procès juste où il pourrait se défendre devant les accusations.


Le blocus URL: Facile à contourner

À première vue, ce système a un semblant d’efficacité mais en réalité, il neut peut pas fonctionner. Je soutiens ceci car il existe un moyen extrêmement facile de contourner l’utilisation d’un url comme méthode d’accès à un site: utiliser l’adresse numérique du site. Lorsqu’on tape un url, le DNS (domain name system) transforme la séquence de lettres qui est facilement mémorisable pour un humain vers le language numérique compatible avec les demandes au serveur. Le résultat final ressemble à ceci: « 209.85.128.0 ». Sous les nouvelles lois, ce mécanisme aurait été désactivé, mais le site serait restée fonctionnel; les sites illégaux seraient quand même accessibles par leur adresse numérique.

Ce moyen de prévention du piratage est idiot et ne serait jamais efficace. C’est comme si, pour contrer la vente de drogue, le gouvernement mettait toute la drogue au monde dans un entrepôt plein de salles auxquelles on aurait enlevé les plaquettes identifiantes. Les salles illicites minoritaires seraient côte à côte avec les salles acceptables majoritaires. Au début, l’entrepôt serait difficile à naviguer pour les consommateurs. Par contre, après un certain temps, un visiteur futé découvrirait une salle d’intérêt. Après quelques jours, tout le monde connaîtrait le numéro de la salle intéressante.

Imaginez le scénario suivant: Un site pirate dans un pays étranger sert comme répertoire des adresses de tous les autres sites pirates. Les internautes n’auraient qu’à se souvenir de l’adresse du site central pour accéder à tous les autres. La distribution de cette adresse numérique centrale se ferait aisément sur internet par courriel ou par les réseaux sociaux. Arrêter la propagation de l’adresse illicite serait impossible à prévenir.

C’est une chose de créer un blocus contre une compagnie étrangère mais une toute autre chose de le faire contre un citoyen Américain. Prévenir la distribution “bouche à oreille” de cette adresse serait impossible.


Étude de cas virtuelle: Un abus de SOPA

Il y a aussi des raisons économiques pour lesquelles SOPA et PIPA seraient dommageables à la société américaine. Imaginons qu’un entrepreneur vient de démarrer une entreprise qui offre un réseau social alternatif à celui d’un géant de l’internet. Son entreprise a bien démarré et son nombre d’utilisateurs croît de façon exponentielle. Le géant pré-établi remarque ceci et réalise que si la croissance exponentielle de son adversaire continue à cette vitesse, le startup informatique l’aura bientôt dépassé.

Le géant des réseaux sociaux a peur de perdre sa clientèle alors il passe sans pitié à un acte qui détruirait le site adversaire: dans le plus grand secret, il engage une tierce partie pour qu’elle bombarde le site aspirant de liens vers des sites illicites qui contiennent du matériel piraté. Les compagnies propirétaires de ces produits remarqueraient ceci et entreprendraient un recours qui aurait comme résultat la fermeture du site internet.

Dans ce cas, SOPA et PIPA auraient eu un effet mortel sur le «startup» en question. Le «startup» fictif n’avait pas la technologie ou les moyens pour se défendre contre l’attaque de son ennemi invisible.

Ceci est évidemment un cas extrême. Dans un cas moins intense, un nouveau site pourrait avoir un petit groupe d’utilisateurs problématiques. La nouvelle compagnie n’aurait pas les moyens de repérer ces activités illégales et se ferait poursuivre par un conglomérat médiatique sans pitié qui détruirait le «startup».

La possibilité de ce genre de scénario pourrait dissuader de nombreux nouveaux projets potentiellement très bénéfiques à la société. SOPA et PIPA pourraient ammener des «startups» à craindre ce genre de mort soudaine. Pour se faire un nom, un nouveau service internet doit avoir un nom. Ce danger de débaptisation guètterait tous les sites qui affichent du contenu créé par les internautes.

Ces sites ont une nature différente de celles des sites de piratage. Ils ne devraient pas êtres affectés par une loi qui a de la difficultué à discerner l’innovation de l’activité criminelle. Voilà une deuxième raison de l’inaptitude de SOPA et PIPA.

Affront aux libertés civiles Américaines

Sopa et PIPA seraient un affront aux libertés civiles américaines. Le pouvoir donné aux compagnies par PIPA et SOPA d’enlever un site internet sans la présence d’un procès me fait penser à la loi secrète qui a été passée à Toronto lors du sommet du G8. À Toronto, des pouvoirs en dehors des limites raisonnables ont été donnés aux différents services policiers qui étaient sur place. Par la suite, il a été prouvé que les forces policières en ont abusé. Les Nations Unies ont dénoncé le non respect des droits de l’homme qui est survenu à Toronto. Le journal Britannique the Guardian a publié un article où il affirmait que Toronto avait été transformé en un genre d’état policier où les droits de l’homme ont cessé d’être respectés. Des personnes suspectes pouvaient êtres mises en état d’arrestation sans justification ou procès équitable.

SOPA et PIPA proposaient la création du même type d’état policier sur internet. Les lois proposaient de donner un pouvoir illégitime à certains groupes et de restreindre l’accès à des sites internet sans procès. PIPA et SOPA auraient été deux lois imprécises qui distinguaient mal les pirates du public général et qui n’auraient pas donné un juste procès aux accusés. Avec SOPA et PIPA, l’efficacité aurait été troquée contre la facilité, et la justice, contre une nouvelle rapidité de riposte irrationelle.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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