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Cosi fan tutte à Copenhague

En 1790, Mozart offre à Vienne Così fan tutte, à partir du livret en italien de Da Ponte. Cette troisième collaboration vient suivre Les Noces de Figaro et Don Giovanni.

On y retrouve Guglielmo et Ferrando, deux jeunes soldats, qui se font proposer un pari hors du commun par Don Alfonso. Ce dernier veut prouver que toutes les femmes sont infidèles, et met au défiles deux jeunes hommes de feindre un départ à la guerre et de revenir déguisés pour tenter de séduire leurs propres fiancées sous une autre identité. Convaincus que leurs promises sont fidèles, les deux hommes acceptent, et s’en suit un voyage émotionnel pour les deux jeunes femmes haut en rebondissements. D’abord déchirées par le départ de leur fiancé, les deux sœurs Fiordiligi et Dorabella ne s’attendent pas à être ensuite entrainées dans un jeu de persuasion et de flirt.

Elles nous emportent dans la mise à l’épreuve de leurs émotions, tandis que leur servante, Despina, offre un spectacle de persuasion impressionnant. Avec son caractère puissant, elle présente un jeu souvent très divertissant, et fait rire le public à grands éclats. Le décor coloré et très vivant laisse place aux acteurs pour présenter un jeu dynamique, mouvementé et tout à fait rebondissant. La qualité du jeu des jeunes promises nous partage avec éloquence leur convictions, puis le passage à la révolte et au refus, au doute et aux inquiétudes. Elles nous font ensuite vivre leur propre désaccord sur le sujet et toute leur transformation. On vit aussi les émois des deux fiancés qui, d’abord persuadés de la fidélité de leurs douces, voient les changements que leur propre cour porte sur les deux femmes. Don Alfonso contemple et s’introduit dans le délicat jeu qu’il a mis en place, et il met fin à la mascarade avec autant de talent qu’il l’a infiltrée dans la vie des deux couples. Ayant prouvé qu’il avait raison de dire qu’elles le font toutes – « così fan tutte », il suggère à tous de simplement oublier le tout car on ne peut que rire des hauts et des bas que la vie apporte en amour.

Le thème de la fidélité, encore tout à fait d’actualité pour les questions du cœur, était très audacieux pour l’époque, et a été considéré risqué tout au long des 19ème et 20ème siècles. Si l’amour est un sujet universel qui transcende les époques, l’honnêteté et la fidélité en amour le sont tout autant.

Det Kongelige Teater, Copenhague 11 octobre au 21 novembre 2011
Photos par Sandrine Reny

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