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Dentro por fuera, fuera por dentro

Tout commence dans la simplicité du silence, de l’obscurité, et des mouvements d’un seul homme.

Avant que les quelques notes égrenées par la violoniste n’ajoutent profondeur à la scène, nous restons stupéfaits de la spontanéité avec laquelle le danseur livre son corps à la lumière. Puis c’est au tour d’une femme, aux cheveux noirs tombant sur un chandail rouge écarlate, d’entrer en conversation physique avec le spectateur. Le langage corporel est différent de celui de son compagnon, mais l’on n’y lit la même sincérité, le même travail aboutit et généreux.

L’agencement équilibré des scènes nous conduit des solos aux trios, des chutes aux jeux de bras qui se rejettent et qui s’appellent. Les mouvements au sol des trois interprètes s’insèrent dans le rythme lent des instants savourés. Une note; un changement de carré lumineux; les retrouvailles des corps qui s’étaient ignorés jusque-là.

L’intégration sur scène de la violoniste Sigrid Keunen, qui possède un rôle tout aussi vivant que les danseurs, participe à faire de cette œuvre une proposition émouvante et envoûtante, qui touchera sûrement un spectateur montréalais autant qu’un spectateur madrilène.

Dans la simplicité des œuvres harmonieuses, les trois interprètes déploient un monde sensible, en continuel dialogue entre eux et avec les spectateurs. Le geste est beau, l’interaction entre les danseurs, dense. Le résultat sensuel vaut la peine d’être diffusé hors des frontières de l’Espagne.

Manuela Nogales Compañía de Danza – Bud Blumenthal/ Hybrid Company
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