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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

C’était écrit

Dimanche 23 Octobre, 6h00 AM, heure de Montréal, Craig Joubert, l’arbitre sud-africain, siffle le coup de sifflet final dans le stade d’Aukland. Quatre millions de Néo-Zélandais exultent. Leur équipe vient de battre en finale de la Coupe du Monde de Rugby l’équipe de France sur un score de 8 à 7.

Après 24 ans d’attente et contre le même adversaire, les Kiwis soulèvent leur second trophée Webb Ellis.

On prédisait une victoire facile de la Nouvelle Zélande, qui a dominé toute la compétition. Les Français se sont réveillés en finale et se sont battus. On a assisté à une guerre de tranchée entre les deux équipes, comme en témoignent les marques et le sang sur le visage de Richie McCaw, le capitaine NZ, lorsqu’il soulève la Coupe. Récit des actions sur le champ de bataille.

Le match débutait avec le haka, danse rituelle des équipes du Pacifique. Les Français ont fait face, regroupé autour de leur capitaine et futur meilleur joueur IRB de l’année, Thierry Dusautoir. Et même un peu trop, en franchissant la ligne médiane, l’équipe de France a contrevenu au protocole rituel et culturel, ce qui leur vaudra une amende.

Dès les premières minutes, on sent que le match sera d’une rare intensité. Plaquage, plaquage et encore plaquage. Les défenses des deux équipes résistent et rien ne passe. Jusqu’à 15ème min, avec une très belle combinaison en touche, la défense française se fait transpercer. Premier essai Kiwi du pilier Woodcock.

Dans les rucks, on met la tête en premier. Les crânes s’entrechoquent, et à ce jeu-là, les joueurs les plus faibles tombent rapidement. Morgan Parra, l’ouvreur français tombe au champ d’honneur sur un coup de genou de McCaw (volontaire?). On verra un peu plus tard son visage tuméfié sur le bord de la touche. Puis c’est au tour de l’ouvreur NZ de se blesser. Son hyper-extension du genou est même douloureuse à revoir au ralenti. Celui qui devait remplacer pour la finale la star Dan Carter doit quitter la partie. Les Français sont malheureusement trop pénalisés. Mais Piri Weepu, le demi de mêlée, se charge de rater les transformations pour que les Français restent à distance des Néo-Zélandais.

C’est à la 47ème minute que Thierry Dusautoir, en marquant l’essai entre les perches, débloque le compteur français. Le flanker transperce la défense Kiwi, acculée sur sa ligne d’essai. Le score est à ce moment de 8-7 pour la Nouvelle-Zélande et il restera tel quel jusqu’à la fin. Dans les 5 dernières minutes, les Français ont provoqué, et encore provoqué la troisième ligne NZ qui, a en croire M. Joubert, n’a gratté aucun ballon dans les rucks. C’est sûr que McCaw, Read et Kaino sont des saints et n’ont fait aucune faute durant les dernières minutes! (Sarcasme : La défense NZ voulait absolument le ballon pour éviter que la France tape un drop à la dernière minute et les prive de la victoire.)

Les Français avaient du cœur, et du courage, mais cela n’a pas suffit à animer leur offensive, qui n’a pas été en mesure de produire dans les 20 dernières minutes. On aimerait retrouver le French Flair, celui-là même qui faisait trembler les équipes anglo-saxonnes. En espérant que le changement d’entraîneur amène un vent de fraîcheur et de plaisir de jouer à l’équipe de France, on se revoit en février pour le tournoi des 6 Nations, où, je pense, les Anglais et les Gallois voudront prendre leur revanche.

Dans tous les cas, bravo à la Nouvelle-Zélande, qui mérite son titre de champion du monde!

Note : Pour les non-initiés du rugby, je vous invite à aller lire le dictionnaire du rugby : http://www.lerugbynistere.fr/dictionnaire/dictionnaire.php




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