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À la découverte de Occupy Wall Street, NY

La semaine dernière, je me suis rendu à New York sur Wall Street pour découvrir Occupy Wall Street, la manifestation anti-capitaliste crée par le magazine activiste Canadien Adbusters. Les manifestants permanents, qui étaient aussi variés que leurs revendications, étaient environ 2000. Il y avait aussi quelques centaines de manifestants transitoires; c’est-à-dire des manifestants qui n’étaient pas mobilisés en mode d’occupation permanente.

On pouvait y voir des jeunes gens marginaux ainsi que des personnes qui pourraient êtres leurs parents. On distinguait mal les touristes des autres personnes d’apparence typique. Les opposés étaient rassemblés sous la même cause. La lutte sociale à New York n’avait définitivement pas de caractéristique ethnique visible. Tous présents étaient rassemblés par leur pourcentage relatif à la portion des personnes les plus riches du pays: 99%. Ils étaient tous là pour manifester le désaccord du « 99% » face à la «voracité» et «corruption» des grandes corporations considérées sociopathes.

« Occupy Wall Street est un mouvement de résistance sans dirigeant qui regroupe des gens de différentes couleurs, sexes et orientations politiques. La choses que nous avons tous en commun est que nous sommes le 99% qui ne tolérera plus l’avarice et la corruption du 1% le plus riche de la population. Nous utilisons la tactique du Printemps Arabe pour réaliser nos objectifs et nous encourageons la non-violence afin de maximiser la sécurité de tous nos participants. » pouvait-on lire sur occupywallst.org, le site internet du groupe.

D’après les témoignages que j’ai pu recueillir sur le terrain, à ses débuts, le mouvement était désorganisé. Le groupe avait par défaut choisi de ne pas nommer de dirigeant. Ceci a été une source de confusion pendant une courte durée. Le manque de coordination a été réglé avec l’arrivée des assemblées générales. Grâce à la création de ces agoras, le mouvement a gagné une capacité décisionnelle qui lui permet une planification stratégique de son avenir. Les décisions sont prises par consensus populaire aux assemblées générales qui se déroulent en soirée dans le parc Zuccotti près de Wall Street. Ces décisions ont permit la création d’un genre de centre de regroupement où les manifestants peuvent se réunir et même dormir toute la nuit. À l’intérieur de cette capitale, de nombreux services destinés aux manifestants ont germé: On y retrouve un conglomérat médiatique, une bibliothèque et une cuisine communautaire.

Le village des manifestants ressemble à un genre de bidonville urbain pour une bonne raison: il est interdit d’ériger une tente dans les espaces publics à New York. Avec un peu de créativité, les manifestants se sont adaptés à ces contraintes. Des murs en cartons ont été érigés et des lits de cartons étendus. Le résultat? L’utilisation proactive et la bonne gestion du carton était à l’ordre du jour: “SVP jetez vos cartons de la veille. Ils sentent mauvais!” pouvait-on lire sur une pancarte.

Lorsque je suis arrivé sur place, une chose m’a automatiquement étonné: La manifestation «Occupy Wall Street» ne se déroulait même pas sur la rue Wall Street. Le mouvement avait choisi comme lieu de rassemblement la Place Zucotti, un parc dans le centre ville de New York. D’un premier coup d’oeil, l’occupation de Wall Street semblait un peu manquée. Par contre, comme j’allais bientôt l’apprendre, ceci était un choix stratégique. Dans les premiers jours des revendications anti-capitalistes, les manifestants s’étaient positionnés sur Wall Street mais ils ont rapidement remarqué les inconvénients de ce choix. Les confrontations violentes avec les forces policières étaient nombreuses. Les policiers aspergeaient des manifestants pacifiques de poivre de cayenne. Le seul crime commi était de faire partie d’un rassemblement sur la voie publique. Aussi, les policiers ont encerclé et arrêté 700 manifestants sur le Brooklyn Bridge lorsque ceux-ci essayaient de traverser le pont pour tenter de symboliquement relier les banlieues à la manifestation. Le NYPD ne tolérait pas le rassemblement de masse dans les rues et les trottoirs de la capitale financière et contrait ceci de façon violente. Pour échapper à la brutalité policière, les manifestants se sont dirigés vers la Place Zucotti.

La place Zucotti

La Place Zucotti étant une propiété privée publique, est un refuge contre les confrontations policières. Comme les manifestants peuvent y rester 24 heures par jour en toute légalité, les policiers n’ont rien à leur reprocher. Comme m’a raconté Elizabeth, une membre de l’équipe de sensibilisation, le propriétaire permettait les rassemblements public à toutes les heures de la journée et de la nuit dans le parc. La ville n’avait pas un mot à dire là dessus. Cette garantie de sécurité a permit aux manifestants de bâtir un véritable petit village de résistance contre «Les crimes des grandes institutions financières américaines». De nombreux services venant en aide aux manifestants ont été développé: Un conglomérat médiatique, une cuisine communataire, un bibliothèque et des services juridiques apportent un support technique concret à la manifestation.

Le conglomérat médiatique

Insatisfait de la couverture de l’évènement par les médias traditionnels, le mouvement a décidé de créer son propre conglomérat médiatique pour remplir ces fonctions. Comme n’importe quel bon parc, la Place Zucotti comporte des tables en marbre et c’est autour de cette rareté que des étudiants et journalistes compatissants à la cause ont crée un centre média. Les tables de marbre ont rapidement été couvertes de fils électriques, portables, micros, caméras et d’autre matériel pour assurer la communication non biaisée avec le monde extérieur.

Le mouvement a définitivement évolué de ses débuts «cartonesques».

Image article À la découverte de Occupy Wall Street, NY 1446
Crédit photo: Caroline Schiff




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