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Occupation Double ou pourquoi Radio-Canada ne doit pas disparaître

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Bon, bon, je plaide coupable! Je vous ai complètement leurré avec mon titre provocateur. Je ne discuterai pas ici des vertus (fortement douteuses) de cette émission québécoise championne des cotes d’écoute et des tenues légères. Je serais, de toute façon, assez mal placé pour vous en parler vu que je n’étais pas, ce dimanche, devant mon petit écran pour apprécier la frange d’une sympathique nymphette au vocabulaire limité ou les muscles tendus d’un parangon au chest épilé.

Ce dont je vais plutôt parler, c’est de ce que réclame à grand cris le groupe Sun Media, soit l’abolition du financement publique accordé à la Société Radio-Canada et à la CBC. Qu’est-ce ce que le groupe Sun Media? C’est le consortium regroupant les journaux Sun (Toronto Sun, Calgary Sun…) et la toute nouvelle chaîne d’information continue Sun News, tout ce beau monde appartenant à Québecor Media.
Donc, tout ce beau monde essaie avec entrain de nous convaincre que Radio-Canada ne doit plus être financé par l’État et qu’il s’agit là d’un énorme gaspillage d’argent. Eh bien, ils ont tort. La télévision et la radio publiques occupent un rôle essentiel dans la mise en valeur de la culture canadienne et québécoise. Sun Media veut nous faire croire qu’il s’agit d’une concurrence déloyale… Pardonnez moi l’expression, mais comme dirait Shakespeare : that’s bullshit. Si c’était le cas, Radio-Canada organiserait sa propre téléréalité débile et traduirait elle-même des émissions de rénovations et de makeovers sans enlever la bande son originale. Certes, la SRC propose de la variété (et pas toujours la plus édifiante, rappelons-nous Virginie), mais elle propose aussi un contenu qui se veut instructif : reportages, émissions faisant la promotion d’artistes locaux, et j’en passe. Ce rôle, elle pourrait difficilement le jouer sans financement publique : c’est agréable de voir Kent Nagano à la télévision, mais la vérité, c’est que ça attire moins de cotes d’écoute que Julie Snyder qui ouvre des valises.

Le statut de télévision publique donne aussi, à mon avis, plus de crédibilité journalistique. Il m’est fortement difficile de ne pas voir les intérêts du propriétaire intervenir lorsque TVA parle d’un amphithéâtre à Québec… ou que Sun Media demande l’abolition du financement publique de la CBC.

L’autre demande tout aussi ridicule de Sun Media est l’abolition du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des communications canadiennes). Selon les chroniqueurs de Sun, le CRTC est un « dinosaure » destructeur de liberté d’expression. La pensée d’un Canada sans CRTC me fait personnellement frissonner d’horreur. On n’a qu’à se rappeler la très édifiante saga de Jeff Fillion de Radio-X à Québec qui criait haut et fort que traiter une femme de « plote » à la radio était une manifestation de la liberté d’expression et qu’aucun organisme fédéral ne devrait pourvoir s’ingérer…

Le CRTC permet de garantir un minimum de contenu produit au Canada (O.K., ca nous donne Star Académie, mais je préfère ça à une télé 100 % américaine). Cet organisme oblige aussi certains diffuseurs à proposer un contenu d’informations locales, ce qui est très utile pour les habitants des régions. Je n’ose même pas imaginer la dégradation que pourrait subir notre télévision si on supprimait ces deux institutions que sont la CBC/SRC et le CRTC.

Sauvons donc Radio-Canada! Parce que voir Brigitte choisir Marc à la place de Luc pour le week-end romantique au Maroc, ça a peut-être sa place a la télévision, mais il faut bien que quelqu’un propose une alternative…

Note : Un article suivra bientôt à propos de Sun Media qui atteint des profondeurs insondables en matière d’idiotie et d’idéologie crasse.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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