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Rethink City à Copenhague

Au cours de l’été 2011, cinq étudiants en génie se sont envolés vers Copenhague pour participer à la 7è édition de la compétition internationale Rethink City. Cette compétition permet aux étudiants provenant des écoles d’ingénierie du monde entier de développer, d’affiner et de concrétiser une nouvelle manière d’aborder et de résoudre les problèmes touchant les mégalopoles.

L’École Polytechnique de Montréal fut représentée par quatre de ses étudiants : Laurence Lebel, Richard Bourret Beauregard, Jason Demers et René Séguin.

Vidéo de présentation du projet.

En quoi consistait la compétition à laquelle tu participais ?

L’acronyme CDIO représente un processus en quatre étapes, soit «Conceive», «Develop», «Implement» et «Operate». Cette initiative vise à améliorer l’éducation d’aujourd’hui afin de refermer l’écart qui se creuse entre l’enseignement du génie et le monde réel, spécialement au niveau de l’implémentation et de l’opération.

Le but du volet académique pour étudiant du 7ème colloque international de Rethink City se résume à sensibiliser des équipes d’ingénieurs en provenance des quatre coins du globe autour d’une idée de leur choix. Cette dernière devait proposer une nouvelle stratégie de gestion des grandes villes d’aujourd’hui en matières de transport, d’énergie, d’urbanisation ou quelques autres sujets semblables.

Peux-tu décrire ton projet ?

Ma proposition à la première édition du «CDIO academy contest» se veut davantage une stratégie d’implémentation qu’un produit. Le cas ciblé concerne le traffic entre Montréal et ses régions par le biais de ses ponts. Ces points névralgiques de la circulation comportent un défi additionnel. En effet, un simple élargissement des infrastructures renferme des coûts et des délais exorbitants. Dans cet ordre d’idée, le projet «the worker individual car strategy» tente de prendre le problème en sens inverse en réduisant la taille des véhicules qui circulent sur ce réseau routier.

Cette idée provient d’un modèle banal ayant fait ses preuves : l’adaptation. En effet, la biodiversité de la nature lui vient de son expérience et sa constante évolution. Appliquée à notre situation, un élément ressort : il existe une panoplie de moyen de transport pour des groupes de personnes. Des trains, des métros, des autobus et des voitures de 2 à 8 places en constituent de bons exemples. Quant est-il des véhicules motorisés pour une personne? Absent, en négligeant les motos. Le projet consiste donc à tenter d’amener un véhicule monoplace de petite taille à circuler dans le trafic actuel et qui marie à la fois la maniabilité d’une motocyclette et le confort d’une voiture.

Notre hypothèse suppose que la partie la plus coriace à résoudre dans ce cas particulier concerne davantage l’élaboration et la gestion de l’implantation de ce véhicule dans notre société que le développement de véhicule lui-même. Le but étant de réduire les embouteillages, le projet ne se résume pas seulement à vendre plus d’automobile de petite taille. Conséquemment, l’idée s’articule entre autre autour d’un système de voies réservées pour ce type de véhicule.

Comment se sont démarquées les autres équipes ? (types de projets, compétitions, présentations…)

Le concours Rethink City Contest renfermait environ 25 équipes. Quelques unes concernaient des applications pour téléphones intelligents, plusieurs proposaient des méthodes de collecte d’énergies renouvelables comme des technologies piézoélectriques. D’autres touchaient davantage à l’amélioration de l’espace urbain. En toute humilité, je crois que les autres propositions se démarquaient surtout par leur audace. Plusieurs concepts aux résultats escomptés intéressants ne renfermaient que peu de base de recherche. En fait, les idées proposées amenaient des solutions globales à des défis généralisés plutôt qu’une solution précise à un problème particulier dans un cadre bien défini.

À titre personnel, que t’as apporté ce voyage par rapport au développement durable ?

Cette aventure ne détient pas de lien direct au développement durable. La méthode CDIO recherche avant tout un développement «complet» et du travail bien fait. En ce sens, je retire plusieurs nouvelles aptitudes complémentaires au génie de cette expérience. Le camp d’apprentissage prend la forme d’un cours intensif sur chacun des quatre étapes du concept en portant une importance particulière sur les produits proposés et les besoins des clients. Je pense ainsi que la philosophie qui s’articule peut davantage servir d’outils au développement durable.

Comptes-tu poursuivre ton projet de manière plus concrète ? Et si oui, quelles seront les prochaines étapes ?

L’idée du véhicule individuel demeure intéressante et mérite de poursuivre son développement. Dans l’ordre logique des étapes suggérées par le projet, le prochain pas consiste à produire des études sur les impacts possibles de l’implantation des véhicules en termes de réduction de trafic. Dans l’immédiat, la situation des membres de l’équipe ne permet pas de pousser le projet dans cette direction. La porte demeure toutefois ouverte.

Selon toi, quelles seraient les projets d’avenir d’une ville désirant se développer de manière durable ?

En guise d’ouverture, l’idée globale du véhicule individuel mise sur l’être humain avant tout et non sur la technologie. C’est d’ailleurs pourquoi le design du véhicule n’intervient pas dans le projet. En fait, certains pays possèdent ou possédaient des véhicules qui répondent aux attentes de la stratégie. Ainsi, le point crucial de notre projet tourne autour de la volonté de la population et de leur relation avec la responsabilité sociale. Le défi de l’heure s’articule selon moi autour de la nécessité de mieux utiliser ce qui existe déjà.

Je ne possède pas le bagage de connaissance suffisant pour entrevoir le chemin du développement durable des villes. Toutefois, je parierais sur le fait que la solution à nos défis passe dans la majorité des cas par l’effort collectif. Actuellement, la société de croissance tel que décrite dans la littérature s’accompagne d’une prémisse selon laquelle le «bonheur» dépend également de la croissance des biens matériels. Hors, une économie de croissance infinie dans un monde fini perd tout son sens. J’imagine donc que les projets d’avenir de développement durable dans les villes du futur doivent d’abord transiter pas un changement de valeur profond, à savoir le sacrifice du mode de vie actuel pour un mode de vie plus efficace et économe.

En résumé, peu importe la technologie qui verra le jour dans les années futures, son caractère durable, à mes yeux, dépendra assurément de la conscientisation des usagers à son égard. Ainsi, je me risque à dire qu’il importe d’abord d’adopter des comportements durables desquels les technologies disponibles tireront leur caractère durable ou non.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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