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Entrevue avec Thierry Warin

Pouvez-vous décrire votre parcours et vos projets de recherche actuels ?

Économiste de formation (doctorat en finance et économique obtenu à l’ESSEC de Paris), j’occupe le poste de responsable des orientations thématiques à l’École Polytechnique depuis 2010. J’ai été auparavant directeur de programme des études internationales dans une université américaine où j’ai passé 10 ans avant d’arriver au Québec. Mes domaines d’études touchent l’économie et la finance internationale.

En ce moment, j’effectue un projet de recherche pour le Ministère des Finances du Québec. Dans le cadre d’un prochain accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (CETA), je dois réaliser une analyse sur l’impact d’un tel accord sur les différents secteurs industriels du Québec. De plus, je me concentre sur des projets de diffusion technologique au niveau international, touchant aux questions de développement technologique. Finalement, je suis le cofondateur et président d’une ONG, ED’Haïti et cofondateur d’un institut de recherche dont le siège est en République de Macédoine qui a pour objectif l’aide des pays des Balkans à la transition vers l’Union européenne.

Qu’est-ce que les orientations thématiques de l’École Polytechnique ?

Les orientations thématiques représentent la première étape du profil d’ingénieur manager en ce qui concerne l’exposition aux méthodes de gestion, à l’innovation technologique et à la gestion du risque dans un contexte international.

Quelles sont ces orientations ?

Trois programmes existent. Tout d’abord l’orientation outils de gestion qui vise à former les étudiants aux méthodes de gestion et d’analyse de risque en ingénierie. Par la suite, l’orientation innovation technologique qui expose les étudiants à la gestion de l’innovation dans un contexte technologique. Finalement, la dernière orientation est l’orientation projets internationaux, exposant les étudiants à l’étude du contexte international en relation avec les différentes cultures et différentes approches réglementaires.

Sont-elles populaires ?

Les statistiques sont extrêmement encourageantes. Pour l’année 2010-2011, ce sont plus de 800 étudiants qui se sont inscrits aux trois diverses orientations proposées. Cela prouve que les étudiants de l’École sont attirés par l’interdisciplinarité, les chiffres ne faisant qu’augmenter depuis la création des orientations.

Quels sont les projets étudiants dans le cadre des orientations ?

La communauté estudiantine est très active dans les diverses orientations. Il y a la mission industrielle Poly-Monde qui permet à une équipe de 25 étudiants de partir dans un pays étranger pour cerner les forces du pays et les comparer avec celles du Québec. Le CIPO (Comité International de Projet Outre-mer), envoie chaque année une dizaine d’étudiants dans un pays en développement pour la réalisation d’un projet humanitaire de grande envergure. ISF (Ingénieur Sans Frontières) possède aussi un chapitre étudiant au sein de l’École Polytechnique. Toutes ces implications démontrent une grande énergie de la part des étudiants et une ouverture internationale de plus en plus marquée sur le monde les entourant.

Quelles sont les conditions pour faire partie de ces orientations ?

Dans un premier temps, il faut que les étudiants démontrent un intérêt dans l’interdisciplinarité. Par la suite, il faut comprendre que l’avenir des entreprises passe non seulement par la valorisation des connaissances du génie, mais aussi par d’autres perspectives au niveau économique, éthique et social. Enfin, une ouverture d’esprit et la conviction que l’entreprise n’est plus un organe fonctionnant localement, mais plutôt un réseau de partenaires à travers le monde font partie des conditions pour aborder les orientations thématiques.

D’une manière plus académique, l’étudiant désirant s’inscrire aux différentes orientations devra présenter une moyenne cumulative d’au moins 2,5/4. Finalement, c’est orientations sont ouvertes à tous les génies.

Qu’est-ce qu’ingénieur manager ?

Le profil d’ingénieur manager existe déjà dans de nombreuses écoles d’ingénierie à travers le monde. Le profil repose sur la constatation que les connaissances en ingénierie sont indispensables, mais vont de pair avec le fait de savoir analyser les contraintes économiques, sociales, environnementales et éthiques de la mise en place des technologies.

C’est dans ce contexte-là que nous avons décidé de valoriser et de promouvoir ce qui existait déjà à l’École Polytechnique de Montréal en rationalisant l’offre au sein d’un profil d’ingénieur manager.

Le profil d’ingénieur manager est ouvert aux étudiants des orientations thématiques ainsi qu’aux étudiants inscrits aux maîtrises de management de la technologie et de gestion de projets. Il sera aussi ouvert aux prochains programmes encore en développement.

Comment faites-vous vivre le profil ingénieur manager ?

Nous avons un site internet qui nous sert d’outil de communication et de valorisation de la recherche des professeurs et des étudiants et aussi des collaborations entre professeurs et étudiants.

Nous organisons aussi une fois par trimestre un cocktail-conférence consacré à une personnalité au profil d’ingénieur manager. Un réseau LinkedIn a aussi été mis en place, rassemblant tous les étudiants actuels, professeurs, industriels et anciens élèves.

Quel est le type de carrière d’un ingénieur manager ?

Beaucoup finiront en tant que chef de projet ou dans de grands cabinets de conseil en ingénierie. Une bonne partie d’entre eux se dirigeront vers l’étranger à travers divers projets à caractère international.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner à un futur ingénieur manager ?

Le futur ingénieur manager se verra très bien équipé pour être le chef de file d’une nouvelle génération d’ingénieur. Comme dernier conseil, je lui dirai d’accumuler cinq années d’une solide expérience professionnelle et d’ensuite intégrer un programme de MBA spécialement conçu pour les ingénieurs.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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