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Interruption du discours du trône

Au Parlement canadien, chaque nouvelle session parlementaire est marquée par une tradition que tous les pays membres du Commonwealth suivent assidument: Le discours du trône. Cette fois, c’était le tour de David Johnston, récemment nommé Gouverneur Général du Canada, d’exposer les plans pour les 4 années de pouvoir du Gouvernement majoritaire Harper à suivre. Avec le Premier Ministre à sa droite, David Johnston a lu un texte préparé par les ministres de Harper. La lecture a duré environ trente minutes et a couvert tous les aspects des politiques qui sont présentement en préparation dans la marmite majoritaire conservatrice de Stephen Harper.

Énumération d’idées familières au parlement

Dans le discours se trouvaient des idées qui seront bien familières aux canadiens qui ont suivi la dernière élection fédérale: emphase sur l’économie, des coupures d’impôts pour les personnes s’occupant de malades à domicile, la protection des citoyens modèles contre le crime, etc. Un point du discours qui est digne de mention plus détaillée est celui du désir du gouvernement actuel de mettre fin au registre des armes à feux canadien.

Rappelons nous de la victoire démocratique récente où les politiciens canadiens ont écouté les diverses voix canadiennes comme celle de l’AEP (Association des Étudiants de la Polytechnique) qui voulait la rétention du registre. Pour l’AEP qui prenait en considération son expérience passée, cette prise de position était de la plus haute importance. Cet aspect de la politique du gouvernement Harper sera digne d’attention minutieuse dans la prochaine année. Le Polyscope suivra de près la réouverture du débat si elle a lieu.

La prise de position de Brigette DePape

Lors du récital de ces dernières idées conservatrices par David Johnston, la maintenant célèbre Brigitte DePape, une étudiante de l’Université d’Ottawa stagiaire au parlement, a rompu les rangs et a interrompu la rencontre parlementaire. Sa prise de position au milieu du couloir central de la chambre des communes à quelques pieds des juges de la Cour Suprême du Canada dura vingt secondes. Elle resta debout avec sa pancarte “STOP HARPER” entourée de l’élite politique Canadienne jusqu’à ce qu’elle soit escortée à l’extérieur de la salle. La lecture du discours a continué sans être perturbée par l’intervention.

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Qui est Brigette DePape?

La gallerie de presse parlementaire a sauté sur l’occasion pour faire des reportages de nature scandaleuse sur l’évènement. Les images du geste de Brigitte DePape ont fait le tour du monde mais la nature silencieuse de son intervention limite les inférences qu’on peut faire sur la jeune activiste. Bien des Canadiens doivent se demander: Qui est Brigitte Depape? Qui est cette jeune activiste qui a eu une offre d’emploi du cinéaste Michael Moore? Quels sont ses idéaux et comment justifie-t’elle son geste de désobeissance civile?

L’art comme outil de pression politique

Des pistes de recherche se trouvent dans un essai qu’elle a écrit pour le Centre Canadien de Politiques Alternatives (CCPA), un centre de recherche progressiste. Dans son article Protesting the G20: A Waste of Time? (Manifester au G20: Une perte de temps?), elle raconte son expérience à manifester au sommet du G20 à Toronto en 2010. Elle dit s’être rendue au sommet dans une caravane accompagnée d’un petit groupe de manifestants. Le camion a été décoré avec de la peinture vive arc-en-ciel. Des slogans comme “signez la convention des Nations-Unies sur le droit universel à l’eau” et “cessez l’exploitation des sables bitumineux” se trouvaient sur les murs du camion.

Dans son texte, Brigette pose à ses lecteurs la question ouverte suivante: “Où sont rendues toutes les personnes qui ont manifesté dans les années 60 et 70 qui ont inspiré les autres générations d’activistes?”. Dans un discours qui a suivi une représentation théâtrale qu’elle a donné à la conférence TEDxYouthOttawa à Ottawa, elle proclâme: “Je crois que l’art peux jouer un rôle très important dans l’expression de la lutte d’un individu comme une force créative. Ce geste peut à son tour aider d’autres gens à surmonter leurs propres défis.” Tout comme les hippies des années 70, Brigette DePape voit le potentiel de l’art et de ses propres pièces de théâtre à démarrer des changements politiques dans la politique d’un pays.

Oeillères médiatiques au sommet du G20

Plus loin dans son texte, Brigette DePape dit être déçue par la fixation que les médias internationaux ont eu sur les évènements violents à Toronto lors du G20. Des autos de patrouille ont été incendiées, des commerces ont été saccagés et les confrontations avec la police ne manquaient pas. La généralisation de ces gestes comme étant la façon de manifester de l’activiste moyen n’était surement pas facile éviter pour les observateurs à domicile. Dans l’essai elle écrit: “Voir les images de vitres fracassées et d’autos enflammées était démoralisant parce que cela distrayait les gens des enjeux sérieux envers lesquels les manifestants pacifiques essayaient d’attirer l’attention.” Elle dit trouver dommage que les médias n’ont pas exploré les autres riches avenues journalistiques comme les ateliers informels qui ont été donné dans le cadre du G20 par les activistes.

La nature de l’activisme de Brigette DePape

Pour Brigette, manifester est un droit fondamental. Quelques amis de la jeune activiste ont été emprisonnés lors du sommet à Toronto alors qu’ils formaient paisiblement un demi cercle en joignant leurs mains. Elle dit que leur droit fondamental de manifester a été enfreint à ce moment. À l’été de 2010, Brigitte disait que les droits des manifestants à Toronto n’ont pas été respectés et voulait la création d’une enquête publique sur ces cas. Elle n’était pas la seule à exiger une enquête de la sorte: L’Association canadienne des libertés civiles a aussi fait cette demande à Donald McGuinty, le premier ministre de l’Ontario. Ce dernier a refusé d’investiguer publiquement les abus légaux qui ont eu lieu au G20.

Réflexions Post-Sommet

Brigette écrit qu’une fois revenue chez elle après le sommet, son père lui a exposé ses propres idées envers la manifestation. D’après lui, manifester au G20 n’était pas productif et était inefficace. “Est-ce que ta présence là-bas a vraiment changé quelque chose?” a-t-il demandé à sa fille. Brigette a conclu que les manifestations n’ont pas changé les décisions prises par les dirigeants au G20.

Denis DePape, un homme impliqué dans sa communauté à Winnipeg et présentement le vice président de “Save our Seine”, un organisme qui vise à préserver l’environnement de la rivière Seine à Winnipeg, a une vision du changement social qui diffère de celui de sa fille. “Mon père me rappelle que certaines personnes choisissent de travailler calmement vers un changement graduel au lieu de descendre dans les rues. Est-ce que ceci a vraiment fonctionné?” demande Brigette DePape. La jeune activiste vient à une conclusion qui peut résumer sa vision de l’arrivée du progrès social:

«Manifester était certainement mieux que rien faire. Le progrès graduel ne fournit pas l’impact nécessaire.»

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Une représentation théâtrale de Brigette Depape à la conférence TEDxYouthOttawa à Ottawa

Sources:

DePape, B. (2010). Protesting the G20: A Waste of Time?. The Canadian Centre for Policy Alternatives
Langlois, A. (Producer). (2010, 3 avril). Brigette DePape [Internet Clip]. Ashbury College, Ottawa: TEDx.

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