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Libre échange Canada-Europe, une réalité imminente

Concilier 27 pays européens et treize provinces et territoires canadiens sur une multitude de sujets relève facilement du treizième des travaux d’Hercule. Le faire en une période aussi courte que deux années est un exploit en soi. Ce sont néanmoins les conclusions optimistes et pleines d’espoir du travail accompli depuis 2009 qu’exposent Maurizio Cellini et Ana Renart, respectivement chef de la section économique et commerciale de l’Union européenne et négociatrice en chef adjointe du Canada.

Les deux médiateurs mettent l’accent sur le caractère sans précédent de l’entente entre les deux géants, dépassant de loin les champs d’application de traditionnels accords. Le CETA (Comprehensive and Economic Trade Agreement) vise l’entente des deux entités sur une multitude de sujets, allant de la propriété intellectuelle aux questions de pêches et d’agriculture, en passant par la reconnaissance des compétences professionnelles, la mobilité de personnes, l’investissement…

Sans entraver les travaux débutés dans le cadre du cycle de DOHA, le CETA vise à surpasser ce que propose l’OMC, offrant au Canada et à l’Union européenne un ambitieux projet de partenariat. En effet, les prévisions montrent qu’une telle entente apportera au Canada une croissance de plus d’1% de son PIB, avec une augmentation de 12 milliards de dollars en termes d’échanges. Du côté européen, ce sont des augmentations de 0,8% du PIB et de 17 milliards de dollars qui sont attendus.

Les deux partis sont fermes : l’accord doit se réaliser selon tous les points discutés, sans omettre un quelconque élément. De cette manière, les négociations peuvent se réaliser adéquatement en évitant un effet domino d’abandon de certains thèmes qui contrecarrerait les avancés réalisées au cours des derniers mois. L’UE et le Canada ayant des intérêts différents selon les secteurs (par exemple sur la question de l’agriculture), le but visé est de trouver un équilibre à travers tous les secteurs pour ainsi faire émerger un nouveau lien privilégié entre les deux partenaires.

Un autre point important des négociations a été l’implication concrète des provinces et des territoires canadiens. Ayant été consultés lorsque les discussions touchaient les compétences provinciales canadiennes, l’adhésion des provinces et des territoires au processus du CETA fut une preuve d’assurance et de volonté concrète pour l’UE.

Les prévisions sont optimistes quant à l’avenir du traité de libre échange. En effet, en juillet prochain aura lieu la 8è session de négociation dans le but de régler les derniers éléments litigieux entre les protagonistes (sur entre autre la propriété intellectuelle et l’agriculture). Néanmoins, il est prévu que le CETA soit finalisé à la fin de l’année 2011, sinon au premier semestre de 2012. À l’heure actuelle, un solide texte de 400 pages existe, ouvrant la voie vers une coopération qui s’avèrera stratégique autant pour le Canada que pour l’Union européenne.

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De haut en bas : Maurizio Cellini, chef de la section économique et commerciale de l’Union européenne, Ana Renart, négociatrice en chef adjointe du Canada ©Photos William Sanger, Le Polyscope




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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