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Crise des SleepyCrédits

Il y avait les Prince Charming Miles pour les couples prévoyants, maintenant il existe les SleepyCrédits. Mise à jour lors de l’explosion de la dernière bulle spéculative, les étudiants de l’École Polytechnique entrent dans une nouvelle phase de crise face à l’effondrement du cours des SleepyCrédits.

Rapide retour sur les évènements.

Janvier 2011, les cours recommencent.
Tandis que les tempêtes successives harcèlent les plus vaillants étudiants pour gravir le chemin menant à Polytechnique, les yeux sont encore remplis des joies et des sucreries des fêtes. Mais les réjouissances ne seront que de courte durée. Sitôt les premiers jours passés, de terribles nouvelles annonciatrices de malheur s’abattent sur les élèves : dates des finaux, pire encore, dates des intras et des devoirs à remettre. Je n’ose imaginer un étudiant pris avec Calcul I, Mécanique pour Ingénieurs et Thermodynamique Statistique Biomoléculaire dans une même session, le trio de la muerte en génie…

Heureusement, le Pub et Poly-
Habs permettent d’oublier ces premiers coups durs portés à la vie étudiante : ils infusent la vie à coup de houblon à travers les veines. Louable action que celle de PolyBroue, vivement leur prochaine cuvée ! Courant janvier, les jours semblent trop courts, les cours trop longs, les longues soirées d’études interminables : l’étudiant lambda pouvait encore farnienter dans son lit un dimanche matin, au plus grand plaisir de son gestionnaire de SleepyCrédits.

Mais sitôt février débuté, c’est la chute brutale du cours du dodo qui survient. Concilier vie sociale, résultats universitaires et sommeil devient un exploit titanesque digne des plus herculéen(ne)s d’entre nous. C’est simple, parmi les trois concepts énoncés dans la dernière phrase, au cours d’une session Polytechnicienne, on ne peut choisir que deux éléments sur trois. Il faut choisir ou périr.

Le choix est fait. Et malheureusement ma cagnote de SleepyCrédits durement acquise entre Noël et le jour de l’An s’écrase drastiquement depuis deux semaines. Les nuits blanches s’alignent les unes après les autres, les comités deviennent le lieu chéri de mon quotidien, où café, pizzas pochettes, divans confortables me phagocytant allègrement le temps d’une pause sont mes nouveaux compagnons. Si seulement j’avais un retourneur de temps, comme Hermione dans Harry Potter… Je pourrais hiberner sans problème, me réveiller au printemps comme une marmotte digne de ce nom, puis recommencer à neuf cette session, reposé, frais, disponible, gai comme un pinson !

Mais faut pas rêver, on est à Poly tout de même !
La suite des évènements s’annonce pire que la situation actuelle. Tandis que l’incertitude règne sur le marché du sommeil, où partenaires et lieux stratégiques sont échangés au gré de l’offre et de la demande, les paradis de dodo se font surveiller de plus en plus étroitement par les instances régulatrices des SleepyCrédits. La concurrence est rude, âpre et sans pitié. Les radins, ils ne veulent pas faire profiter aux autres de leurs connaissances et nous permettre de dormir paisiblement ! Après tout, ce n’est pas tricher, c’est s’entraider mutuellement dans une optique durable de coopération équitable, franche, sincère et surtout joviale !

Vivement mai pour pouvoir regagner docilement ce lit que je trompe de plus en plus avec mes livres de thermodynamique et de CATIA, mes nouvelles maîtresses, ces suceuses de sang et d’énergie. En plus elles sont jalouses, si je ne passe pas une soirée auprès d’elle, je n’ai plus qu’à
dormir sur un divan tout froid le temps de savoir où j’en suis !

Triste sort que celui d’un pauvre étudiant à Poly, vidé de ses Sleepy-
Crédits… à demain, je retourne me coucher. Bazinga !

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.