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Nos religions (1 de 4)

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Toujours dans un objectif de se pencher sur des questions, y réfléchir et de se positionner sur des thèmes variés, je vous propose cette semaine la première partie d’un dossier sur la spiritualité, les religions, les histoires de sorcières, le ouija, l’astrologie et toutes ces choses qui relèvent de forces auxquelles on ne tient pas compte lorsqu’on calcule F=ma.
Cette semaine, je vous propose ma position ou ma vision de cet au-delà et la semaine prochaine un parallèle entre la science et la religion.

Comme dans plusieurs institutions de l’humanité, l’homme en est la faille. Le sens fondamental des religions n’a rien de mauvais. C’est en fait tout le contraire. La recherche du bien ultime, la transmission des valeurs humaines, le partage, le respect, l’amour, l’entraide et même le questionnement. D’où venonsnous, qui sommes-nous, pourquoi sommes-nous là et où allons-nous ?
Déjà, l’Homme (avec un grand H, vous l’aurez compris) vient corrompre l’idée. La quête du pouvoir et du contrôle prend la place chez celui qui prétend représenter celui qu’on appelle Dieu. Depuis des millénaires, il manipulera les idées des écrits à son avantage, là où est LA vérité, positionnant ainsi la religion et l’institution en avant-plan, à l’étage supérieur des puissants. Le simple geste de s’agenouiller ou de baisser la tête en témoigne lorsqu’on est censé communier avec ledit Dieu. Lui qui devrait en fait être notre acolyte à tout moment dans notre vie devient alors le dictateur de notre vie.
Ensuite, par cette prise de pouvoir, il est maintenant facile de contrôler l’information, la connaissance, le savoir. La religion pose des questions et y répond pour vous. Pas la peine de réfl échir, on vous donne la réponse. Si vous avez une opinion différente ou même si vous prouvez que vous avez raison, on vous brûle.
Bon, dans notre société actuelle peut-être pas avec le feu, mais il y a encore des sociétés et/ou religions qui le font. Lapidations, pendaisons, excommunions, contributions à la misère d’une mère en l’obligeant à garder un enfant créé par l’inceste…

Contrairement aux règles et aux lois dictées par l’éthique ou la démocratie, les règles dictées par les religions ne servent pas à l’atteinte de liberté au sein d’une société, mais plutôt au contrôle, à la peur et la soumission de cette société. Si la religion sert à l’épanouissement, à prôner le respect, pourquoi a-t-elle ordonné à ma grand-mère de procréer alors qu’elle mettait chaque fois sa vie en danger ? Pourquoi a-t-elle volé le peuple pour se construire des temples, se donnant encore plus de pouvoir ? Pourquoi insiste-t-elle encore sur le fait que le port du condom soit mal, laissant le virus du SIDA survivre aisément en Afrique (entre autres) ? Pourquoi…

La religion empêche l’épanouissement de l’homme sur le plan personnel et social. Je l’ai constaté entre autres lors de mon voyage en Afrique de l’Ouest il y a deux ans.
Chrétiens comme musulmans répètent souvent Incha Allah, si Dieu le veut. C’est une expression, oui, mais la plupart l’utilisent pour se détacher de la réalité. Si mon commerce va bien, c’est à cause de Dieu et s’il ne va pas bien c’est aussi à cause de Dieu. En mettant tout dans les mains de Dieu, on le laisse contrôler sa vie, on ne se charge plus des conséquences de nos actes, pire, on ne pose plus d’acte. On devient passif face à notre existence, esclave de notre existence, une victime. On ne cherche plus à infl uencer notre vie, ni à se questionner. Les réponses sont toutes cuites dans le bec. De la purée. Et le jour où on tombe sur un morceau de steak coriace, on accepte sa fatalité et on se laisse mourir de faim comme un mouton sans berger.

Vous remarquerez que je n’ai fait référence à aucune religion en particulier.
C’est bien parce qu’aucune n’est mieux qu’une autre. C’est du pareil au même. Le contrôle de la peur, l’abus d’un pouvoir, l’interprétation de valeurs et d’idées à l’avantage de celui qui à intérêt à garder ses fidèles dans la noirceur de son savoir. Bien que les religions aient dicté des règles qui ont sans doute permis à ceux qui n’avaient pas le savoir de ne pas tomber dans la drogue, l’alcool, le vol (même si elles le pratiquaient), le sexe (le mauvais, mauvais sexe) et la violence (même si elles ont provoqué la majorité des guerres). Ce n’est pas parce que la religion est mauvaise pour l’homme que la spiritualité l’est. Toujours en restant dans la modération et l’équilibre (comme dans n’importe quoi d’ailleurs), la spiritualité doit demeurer quelque chose de personnel sous tous les sens. Des questionnements à son éthique de vie (les règles qu’on se donne pour se trouver intègre), comme de la philosophie à la pratique.

Ça n’empêche pas de pouvoir en parler avec d’autres. Seulement, l’institutionnalisation de la religion perd son sens humain au profit d’on ne sait trop quoi. Comme la bureaucratie qui n’a comme raison d’être que ses bureaucrates ou, par analogie au communisme, c’est bien beau sur papier, mais la nature humaine vient tout chier l’affaire…
Rentrer la religion dans les débats sociaux, c’est s’assurer de ne jamais terminer les débats car personne ne sera satisfait. Parce que chacun vit la religion différemment.

À venir dans les prochaines chroniques : retour sur la conférence
: Dieu haie la religion, une entrevue : les mathématiques, une religion ?, et la place de la religion en politique. Je vous encourage à réagir à mes articles par courriel si vous en avez envie. C’est un sujet qui vient toujours me chercher et j’ai eu envie d’en parler.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.