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Porno et féministes

L’idée pour la chronique de cette semaine m’est venue au cours d’une discussion avec une étudiante en travail social à l’UQAM. Bon, déjà, sans même savoir de quoi la discussion traitait, vous déduisez probablement que nos opinions devaient diverger un brin.
En plus, elle s’affirmait féministe.
La partie n’était pas gagnée. Pour couronner le tout, nous abordions un thème qui est cher à tout les mâles de ce monde et qui horripile toutes les féministes (bien que sensiblement tout soit capable de faire monter les féministes aux barricades, ça, c’est entendu) : la pornographie. Si vous êtes un habitué de ce coin testostéroné du Polyscope, les chances sont que votre première réaction quand on parle de porno soit « Alright, des boules! ». Si vous êtes UNE habituée, vous gagnez des points supplémentaires pour la même réaction. Bref, pour tout être normalement constitué (lire : bourré d’hormones), c’est tout à fait logique d’approuver la présence de la porno, et si vous passez devant un panneau publicitaire qui… met en valeur la beauté du corps féminin, vous avez peu de chances de pousser un « beurk », auquel cas vous méritez de vous faire retirer votre carte de membre du Club des Mâles.

Je ne suis pas en train de faire un rapprochement entre les annonces de lingerie et de la grosse porno hard, entre autres parce qu’il n’y a pas assez d’animaux. Néanmoins, le point demeure que si j’ai deux photos devant moi, avec la même mannequin, que dans un cas elle affiche une mode hivernale et dans l’autre un accoutrement nettement plus… léger, disons, je vous garanti que je n’aurai que peu d’intérêt pour le manteau d’hiver. Et pour pas mal de vous qui me lisez, ça risque d’être sensiblement la même chose. Mais ça, normalement, je ne devrais rien vous apprendre : une des règles fondamentales de l’existence humaine se résume par « plus de peau
= mieux », sauf sur votre grand-tante qui prend un verre de trop au party de Noël et qui se comporte comme si elle revivait sa jeunesse version strippeuse. Merde que mes partys de famille sont pas sains.

Ceci étant établi, il n’en demeure pas moins que, une fois mon plaidoyer pour une plus grande acceptation des courbes féminines dans notre quotidien, l’argument qu’on me sert est que la pornographie serait une forme de violence envers les femmes. QUUUUUE-WA ?!?
L’idée serait une fabulation due entre autres à la féministe Andrea Dworkin, fervente militante antipornographie.
Selon elle, toute pornographie implique un abus des femmes, autant dans la production que dans les conséquences sociales (parce que, hein, ça glorifie et érotise la domination des femmes). En plus, elle dénature le corps en donnant une fausse image de ce à quoi devraient ressembler la nudité. Bon, après, quand vous ressemblez à un pitbull obèse avec une permanente (photo à l’appui), c’est normal de militer contre toute forme visuelle qui vous le remet en pleine face et qui glorifie un certain esthétisme corporel. Vous donner un peu l’idée de la Dworkin, elle compare l’abus subi par les femmes à celui subi par les juifs au cours de l’histoire, et suggère la création d’une nation pour les femmes, un peu une sorte d’Israël mais où il n’y aurait que de la donzelle, et où la revue Cosmopolitan aurait un tirage monstrueusement élevé. Également, Dworkin a souffert, en fin de vie, de troubles articulaires, notamment aux genoux. Rendu à 55 ans, c’est possible que les genoux capitulent vu le gabarit. Eh bien, avant de regarder son IMC, Dworkin a blâmé, vous l’avez deviné, les hommes. Déconnectée, emplie d’une haine aveuglement démesurée pour les hommes et en très mauvaise santé : un modèle pou les femmes modernes, non ?

C’est sûr que quand on regarde les modèles féministes qui sont souvent cités, on a le droit légitime de craindre que de charmantes demoiselles se transforment en masses informes (littéralement) de rage à l’égard des hommes. Pourtant, il y a beaucoup de féministes modernes qui méritent d’être… étudiées.
Messieurs, dites bonjour à Sasha Grey. Déjà, première constatation : c’est une féministe convaincue ET une actrice, autant dans des films conventionnels que dans du X.
Groovy. Elle appartient à une branche du féminisme qui se décrit comme
« ex-positive », bref, qui ne considère par forcément le sexe comme un outil d’asservissement et de domination typiquement machiste. Reconnue dans sa branche, en pleine forme (et relativement fl exible selon nos observations), artiste épanouie et femme d’affaire, bref, une demoiselle qui, on peut le supposer, a de quoi être relativement fière d’elle. Puis, bien honnêtement, si vous étiez dans un bar et que vous aperceviez ces deux spécimens, quels sont les chances que vous alliez parler à Andrea Dworkin plutôt que Sasha Grey? En plus, elle est morte. Bref, conseil aux féministes anti-porno : rasez-vous, déjà, ça vous fera du bien de vous aérer un peu, puis arrêter de vous comparer physiquement aux pornstars sveltes et plastifiées qui peuplent l’industrie. Il y a clairement assez de Alex-Love pour vous toutes, pas besoin d’haïr les pornstars. Mais sérieux, rasez-vous.

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Mots-clés : Chronique barbare (22)

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