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Retour des Républicains

Le verdict a été rendu, Barack Obama a vécu cette élection comme une « raclée » et assume sa responsabilité. Pour essayer de mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette élection voici les 3 erreurs d’Obama, les 2 principaux personnages qui ont émergés lors de cette élection et pour finir une raison qui montre pourquoi les démocrates ont peutêtre finalement plus gagné lors de cette élection qu’ils ne le pensent.

Les 3 erreurs d’Obama

1/L’économie

Obama est devenu président dans l’une des pires configurations : l’héritage d’une crise financière et surtout économique. Il n’en est pas responsable mais il est tenu responsable de sa gestion. Pour neuf Américains sur dix, c’est le sujet du moment. Le plan de relance de 787 milliards de dollars concocté l’année dernière par le président n’a pas eu les effets escomptés.
L’indicateur clef des américains : le taux de chômage est au plus haut et a dépassé les 10%. L’erreur d’Obama est de ne pas avoir pris à bras le corps ce problème et d’avoir mal géré la communication autour de ces actions. Les Américains, et en particulier les républicains, l’ont sanctionné sur l’impression qu’il s’est plus occupé des actions de fond (santé, éducation, politique internationale) au lieu de s’occuper des « vrais » problèmes américains (chômage, logement, impôts).

2/La mobilisation de l’électorat

En 2008, Obama avait été élu par les jeunes et les minorités ethniques du pays (communautés latinos et noirs).
Il n’a pas réussi à les mobiliser de nouveau. Beaucoup lui reproche des consensus incessants au sein du parti lors des grandes réformes, en effet à de nombreuses reprises, notamment lors de la réforme de la santé, il avait dû négocier son texte entre les démocrates les plus libéraux et les plus centristes. Ces derniers avaient profité de l’importance du vote pour réussir à faire diminuer les fonds des programmes pour l’aide à l’avortement. À force de négocier, Obama a affaiblit son image auprès de la population. Le manque d’une vraie communication sur les actions concrètes de ces grandes réformes et d’un réseau de bénévoles n’ont rien arrangé.

3/La sous-estimation des mouvements Tea Party

6 sénateurs, plus de 39 députés à la chambre des représentants ont peu dire que le bilan du Tea Party, mouvement ultraconservateur créé à la suite de l’élection de Barack Obama, est assez bon pour une première élection. Les démocrates et notamment Obama ont longtemps estimé ce mouvement sporadique et extrémiste. Ils pensaient notamment que l’establishment républicain ferait barrage à un tel mouvement de peur de voir les voix des indépendants et des républicains modérés se diriger vers les démocrates. Mais à force de manifestations, contestations et d’actions, le mouvement a pris de l’ampleur au sein du pays. Le soutien de grandes figures politiques (Sarah Palin, la famille Paul…) et médiatiques (Glenn Beck notamment de Fox News) ont permis au mouvement d’avoir une caisse de résonnance et de se faire connaître à traves le pays.
Populiste, le Tea Party a « ciblé » un électorat volatile : les Desperates Housewifes, les personnes touchées par la crise, les foyers riches payant trop d’impôts. Il a réussi à les atteindre et à mobiliser la base de l’électorat républicain (dans un premier temps dans les primaires)
puis américains mardi dernier en présentant des personnes comme Christine O’Donnell (candidate républicaine dans le Delaware au sénat défaite mardi mais réalisant tout de même 40 % dans un Blue State), partie de rien au chômage elle a décidé de se lancer dans la politique une vrai « American Story ».
Les démocrates ont réagit dans les dernières semaines quand débordés dans les sondages, ils se sont rendus compte que le Tea Party est plus qu’un effet de mode.

Les 2 personnages des Mid-Term

1/John Boehner, le nouveau maître de la chambre des représentants

Il est devenu mardi l’un des républicains les plus infl uants des États-
Unis en se faisant de nouveau réélire député (66 % des voix) pour la dixième fois dans la 8ème circonscription de l’Ohio mais surtout en étant promis à devenir le futur Speaker de la Chambre des représentants à majorité républicains en remplaçant ainsi l’infl exible Nancy Pelosi, qui au fil des ans était devenu la personnalité démocrate à abattre pour les républicains. Mardi soir, c’est la première personne qui a été contactée par Obama, en personne, pour voir les solutions de compromis qui pourrait être mises en place sur les sujets majeurs. Dans les deux ans à venir c’est par lui que passeront toutes les négociations pour passer de nouvelles lois sans être bloquées par le sénat. C’est dans ces mains que se jouera la crédibilité de son parti. En 1994, Bill Clinton avait lui aussi perdu la chambre des représentants à ces premières élections de Mid-Term, mais la gestion rigide et inflexible du républicain Newt Gingrich (qui avait bloqué quasiment toutes les propositions de lois démocrates) avait amené le président démocrate à être facilement reconduit en 1996. On ne les reprendra pas à deux fois.

2/Marco Rubio, futur Obama républicains

Fils d’émigrés cubains, le candidat Rubio a fait des merveilles dans la course fl oridienne au Sénat en battant de façon très large (48% des voix), l’ancien gouverneur républicain Crist (30% des voix) et le candidat démocrate (20% des voix)
dans une triangulaire à sens unique.
Candidat du Tea Party, il est l’un des favoris pour 2012 et contre Obama.
Vainqueur sur ces propositions de « moins d’états », « moins de dépenses publiques » mais surtout en dénonçant la complaisance de l’establishment républicain et de ce gouverneur-candidat au poste de sénateur Charlie Crist (qui a notamment accepté le plan de relance de 787 milliards de dollars). Charismatique, il a déjà la bénédiction de Rudi Guilliani. Des journalistes de plus de 80 pays étaient à son QG pour assister à sa victoire. Symbole de cette élection du Tea Party, il sera un candidat potientielle à surveiller de près.

1 raison d’espérer

Le programme du Tea Party : irréaliste et inapplicable

Le Tea Party, c’est la droite de la droite, le mouvement ultra conservateur comparable aux mouvements d’extrême droite en Europe en se basant sur trois thèmes de campagne
: nationalisme au sein de l’état contre Washington et contre les étrangers, la baisse des impôts, favoriser les institutions privés aux institutions publiques et ce dans tous les domaines. Seulement dans une situation de crise, ces positions sont intenables, la réduction d’impôts renforçait des dettes déjà trop importantes dans la majorité des états, réduire les institutions publiques en supprimant de nombreux postes renforcerait le chômage.
Quand les partis d’extrêmes droites se sont retrouvés élus en Europe, cela a toujours échoué, car sans doute le réalisme de la situation avait été occulté par le populisme des candidats. Dans ce type de scénario, le fossé entre républicains modérés et conservateurs pourrait se creuser de plus en plus jusqu’à une possible scission durant les primaires pour les présidentielles. Alors cette défaite démocrate en 2008, ne serait-elle pas le meilleur moyen de gagner en 2012 pour Obama et reprendre la chambre des représentants ?
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