Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Réfugiés climatiques : ces gens dont on se fout

Dans mon article précédent, je vous ai parlé de ma haine des Hummers, du greenwashing et de ma déception face à notre service alimentaire. Plein de belles frustrations écolo, mais qui sont en fait des pacotilles en face d’enjeux plus globaux. Ce qui est en train de se produire avec les gaz de schiste au Québec aura beaucoup plus de répercussion sur notre avenir et les générations futurs que de forcer Aramark à vendre du café exclusivement équitable.

C’est pourquoi cette semaine, je vous informe sur un sujet plus sérieux : les réfugiés climatiques. La majorité du temps, lorsqu’on parle d’environnement, c’est pour préserver notre environnement ou la biodiversité en générale.
Mais voilà que certaines personnes, certaines populations, voient leur mode de vie directement bouleversé de force par les changements climatiques. Je ne vous parle pas ici d’abolir l’automobile ou de rendre le recyclage obligatoire (oh malheur !), mais plutôt de devoir changer de domicile, voire de pays afin de subvenir à leurs besoins primaires.

Par exemple, avec le réchauffement terrestre vient la fonte des glaciers et la montée du niveau d’eau de la mer, tout le monde sait ça. En quoi ça nous concerne? Pour l’instant, pas grand chose, effectivement, mais plusieurs îles appartenant à la Papouasie-Nouvelle-
Guinée ont déjà commencées à être évacuées pour cette raison. Avant même d’être complètement inondés, plusieurs autres facteurs forcent les gens à quitter leur île natale : la salinisation des terres arables, pénurie d’eau douce, etc. Où ces gens vont-ils aller ? Sûrement en Australie éventuellement, mais la question devient géopolitique.

L’important dans tout ça, c’est de se rendre compte que ces gens en particuliers ne sont que très peu responsables du réchauffement global, alors qu’ils sont les premiers à être touchés.
Bien que cela tend à changer, ce sont majoritairement des pays comme le Canada et les États-Unis qui décident de l’implantation ou non d’une mine à ciel ouvert au Chili par exemple, d’une plantation de banane/café/sucre en Amérique centrale, etc. Les conséquences environnementales de ces entreprises ne sont toutefois pas prises en charge par les multinationales. (Sauf si on parle de produits équitables évidemment !) Donc on pourrait presque dire que les pays riches sont les principaux responsables de la dégradation, ou non, de l’environnement dans ces régions.

Pour en revenir à notre sujet principal, les « réfugiés environnementaux »,
par définition, doivent changer de domicile permanent pour des raisons liés à la dégradation de leur environnement. On voit donc tout de suite que cela englobe beaucoup, mais là, beaucoup de gens!
On peut mentionner les Haïtiens ayant quitté leur pays depuis janvier dernier, les Pakistanais qui vivent, en ce moment même, une des pires crises depuis des décennies qui feraient des réfugiés environnementales s’ils avaient les moyens d’émigrer, sans compter les milliers de personnes migrants (surtout des Maliens et Burkinabés) en fonction de l’avancé du désert du Sahara.

Aussi, on peut penser aux populations déplacées par la déforestation, la désertification (en Europe), l’exploitation minière, la salinisation des terres en générale (Égypte), toxicité des sols, la pénurie d’eau, etc. Ces symptômes ne sont pas tous associés directement aux réchauffements climatiques, mais souvent à l’action humaine sur l’environnement.
Des mesures majeures devront être exécutées par les pays touchés pour répondre aux besoins de leur population.
Aussi ils auront besoin de l’appui des pays plus solides, soit pour accueillir des populations, soit pour leur venir en aide directement.

Un autre exemple : si les gens de Lotbinière aux Québec voient la qualité et la quantité d’eau dans leur région diminuer drastiquement à cause de l’exploitation du gaz de schiste, ils préféreront peut-être déménager. Heureusement, ils ont maints endroits où aller, mais ce n’est pas le cas dans toutes les régions du globe. (D’ailleurs, si vous avez la chance d’aller voir le documentaire Gazland à ce sujet, sautez sur l’occasion !
Il devrait être présenté au ciné-campus de l’UdM dans le cadre de la semaine de l’environnement se déroulant du 31 janvier au 4 février. Une belle occasion de voir de l’eau prendre feu!)
Mais j’y pense, moi aussi j’habite sur une île. Bien que largement déconnectée de la nature (près de chez moi il ne pousse que du béton), je suis à même de remarquer que le niveau de la mer pourrait m’affecter directement… dans pas si longtemps que ça…

Ah, mais ce n’est pas grave dans le fond, j’aurai juste à aller me réfugier à Poly, sur la colline, comme avant, les années 50 où il y avait tout le temps des inondations au printemps à Montréal.
On fera du camping dans la cafétéria en attendant que ça se tasse ou que quelqu’un s’en occupe…
Image article Réfugiés climatiques : ces gens dont on se fout 1181




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+

Dans la même catégorie

Mon parcours au Scope: de photographe à journaliste

9 septembre 2011

  Nous avons tous une manière différente d’entrer dans un comité. Je suis rentré au polyscope au début de ma première session. Comme chaque nouveau, j’étais emerveillé par la vie étudiante de Poly. Je ne connaissais pas encore tous les engrenages des comités et pourtant je voulais tout faire. Pourtant ce n’est pas vers le polyscope que je me suis tourné en premier. Peut-être comme vous, je n’avais pas l’âme d’un journaliste. Je suis...

Mon premier accident :(

8 janvier 2010

C’est avec grand cynisme que je déclare que ce moment tragique devait arriver à un moment ou à un autre. Le 26 décembre, en reculant lentement dans le stationnement du Costco, un poteau de béton surgit, s’est mystérieusement matérialisé et est allé se planter dans mon pare-choc. Fort heureusement, l’accrochage fut très mineur, et la bosse ne comporte aucune craque. Un ami mécanicien m’a dit qu’il était très facile de réparer la bosse : il...

À vos agendas

30 octobre 2009

La fin de session approche, et le Polyscope en est déjà au dernier numéro de la session. Mais il reste encore beaucoup d’événements culturels pendant les deux prochains mois. Voici un aperçu de ce qui s’en vient. Coup de cœur francophone Ce festival de musique et de chanson francophone se déroule du 5 au 15 novembre. Pour cette 23e édition, 110 artistes seront présents pour une série de plus de 100 concerts dans 11 salles...