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roche papier recyclé ciseau

Vous l’avez sans doute entendu, le nouveau ministre de l’Environnement du cabinet Harper a déjà fait scandale à peine une semaine après sa nomination. « Les sables bitumineux sont éthiques au Canada, car ils ne financent pas le terrorisme… » [NDLR
: wow, magique !] C’est connu, la seule source de mal dans le monde c’est le terrorisme. Sans terrorisme, il n’y aurait que du bien. Pas de SIDA, pas de guerre, pas de pauvreté, pas de maladie, pas de famine, pas de corruption, pas de drogue.
Que du bonheur, de la santé, de l’argent pour tous, de la nourriture pour tous et la paix dans le monde. On croirait entendre une candidate pour miss Univers. Bon, Harper se fait souvent taper sur la tête (d’où probablement sa forme carrée).
Nous allons l’épargner cette semaine.
Je ne vois pas pourquoi on accuserait un homme dévoué pour son pays, qui met les priorités à la bonne place. Ce n’est pas parce que cette semaine nous faisons un dossier environnement que je vais mettre en lumière qu’il est une des causes principales du recul des avancés que le Canada a faites dans ce domaine.

Nous avions une réputation de peuple libéral dans le monde. Nous avions créé les casques bleus. C’est ici que le traité de Montréal a été signé (pour l’abolition des CFC, gaz ayant un pouvoir de réchauffement climatique 11 000 fois supérieur au CO2). Maintenant, nous avons la réputation d’un peuple barbare. Nous participons aux guerres, nous ne nous présentons pas aux conférences sur l’environnement, mais à celles sur l’économie… Bref, la confiance dans la vie est toujours difficile à bâtir, mais bien plus facile à détruire.
Cet été j’ai travaillé pour une compagnie de construction comme homme de cours. Ce n’était pas la première fois que je travaillais pour une compagnie privée (remarquez qu’au public c’est pareil). Au début de l’été, dans la cour, il y avait deux conteneurs de trente pieds et deux petites bennes. Un conteneur pour les déchets, un pour le métal et les deux bennes pour le papier et carton. Au milieu de l’été, mon patron me demande de vider les bennes à papier dans le conteneur à déchet parce que la compagnie qui vient chercher le recyclage « a fait faillite » et que les autres compagnies coûtent trop cher. Désolant pour moi qui depuis ma tendre enfance s’efforce de limiter ma consommation de toute sorte lorsqu’en une seule semaine j’ai probablement jeté plus que la quantité de papier que j’ai économisé au fil des années à imprimer recto verso ou même en n’imprimant pas. Je vous jure. En un mois et demi, j’ai rempli un conteneur de papier et de carton.

Savez-vous pourquoi le conteneur à métal était si important ? C’est parce que le métal était vendu. Contrairement aux nombreux bidons de plastiques ou nombreuses palettes en bois (je sais que ça ne se recycle pas, mais ça se répare ou au pire ça se compose ou ça se transforme en copeaux pour d’autres utilisations…). Tout le monde s’entendra pour dire que la cause environnementale se défend seulement en masse. Ce n’est pas l’affaire d’un seul groupe citoyen.
Ce sont les compagnies dans tous les secteurs, les citoyens, les institutions publics, les gouvernements, les pays et les sociétés d’État. Tout le monde. Chiffre intéressant : un employé de bureau moyen consomme environ 73 kg de papier par année dans le cadre de son travail, ce qui équivaut à deux arbres par année.

Pour çela il faut deux éléments.
Une volonté politique qui vote des lois forçant le changement des mentalités des différents acteurs pour contribuer à l’évolution de la situation et un changement du système. Dans n’importe quel secteur d’activité industrielle et commerciale, le principe est simple. Achat ou exploitation d’une ressource, utilisation ou transformation de la ressource, vente d’un produit dérivé. C’est grossier, mais ça résume. Pourquoi devrions-nous payer les compagnies de recyclage pour nos déchets ? Nous, citoyens, payons avec les taxes pour avoir un service de collecte qui se retrouve chez les compagnies privées comme Kruger ou Cascade. Les compagnies, celles qui ont un minimum de conscience sociale, payeront aussi pour le même service. Tu parles d’une bonne bizness. On te paie pour avoir des ressources premières et ensuite on te paie pour la ressource transformée. J’ai franchement de la difficulté à comprendre pourquoi les compagnies qui recyclent ont tant de misère à se subvenir et parfois jettent de la matière première (nos déchets que nous croyions recyclés).

Selon la logique actuelle, on n’investit pas dans une industrie qui n’est pas rentable. Comme la santé, si on ne fait pas d’argent avec ça, ça va vite prendre le bord. Bien que personne n’y croit, le seul moyen est de recycler encore plus pour que la demande soit encore plus importante. C’est par cette seule parole que notre encéphale cubique à Ottawa comprendra… s’il finit par comprendre!

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.