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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Je me souviens

Par Mathieu Côté

J’ai souvent regardé des vidéos d’archives montrant des manifestants se faire battre lors des grands rassemblements nationalistes des années 60 et 70. Le documentaire de Jules Falardeau, fils de feu Pierre Falardeau, m’a permis d’en apprendre plus sur un de ceux-ci : le boxeur et militant indépendantiste Reggie Chartrand.

Le film « Reggie Chartrand : Patriote québécois » est constitué d’une entrevue avec cet homme qui a marqué son époque, entrecoupée de vidéos d’archives. Étant un bon boxeur, il se fait suspendre à cause de ses opinions indépendantistes. Ce n’était pas une bonne idée puisqu’il va ensuite mettre sur pied les Chevaliers de l’indépendance et va participer aux diverses manifestations de manière plus ou moins pacifique (c’était un boxeur…). En effet, il était toujours présent, que ce soit lors de la venue de la reine en 1964 où les policiers ont matraqué la foule, lors de la fête de la reine en 1965, mais aussi lors de la venue du Général de Gaulle. Les Chevaliers de l’indépendance ont d’ailleurs fait des haies d’honneur à ce dernier avec des drapeaux du Québec tout le long du trajet de Québec à Montréal, ce qui lui a fait penser que tous les Québécois étaient de fervents indépendantistes comme il l’a dit dans son discours où il a prononcé le fameux « ive le Québec libre ». De plus, ils ont aussi commis des actes de contestation comme lancer de la peinture sur le train de la Confédération lors de son inauguration, ce qui n’a pas vraiment plu aux Canadiens-anglais, comme on peut s’en douter.

Il y a aussi eu le tristement célèbre lundi de la matraque lors de la Saint Jean de 1968. Pour ceux qui l’ignorent, c’est lorsque Pierre-Elliot Trudeau a dit que le Québec n’était pas une nation avant de participer à la fête nationale du Québec. Des manifestants lui ont donc lancé des objets avant de se faire attaquer par les policiers. Or, il n’est pas facile d’arrêter des gens lors du rassemblement de Montréal pour la Saint-Jean. Le rassemblement a donc dégénéré et la technique des policiers constituait à bloquer la foule, prendre une personne et la battre dans le centre pour essayer de faire peur aux autres. Résultat : plusieurs personnes se sont fait piétiner par les chevaux, que ce soit des femmes ou des personnes âgées, et Reggie Chartrand a fait un long séjour à l’hôpital comme bien d’autres.

Je ne rentrerai pas dans les détails des autres manifestations comme « Saint-Léonard » ou « McGill français », mais je suis un peu déçu qu’aujourd’hui, on ait de la difficulté à réunir 3000 personnes à Montréal lors de la manifestation contre la loi 103, alors que les Québécois descendaient fièrement dans la rue par dizaine de milliers pour défendre leur langue et pour exprimer leur désir d’avoir un pays à eux il n’y a pas si longtemps.
Toutefois, je crois que c’est à nous d’y remédier. De plus, pour ceux qui croient que les manifestations ne changent rien, on se rappellera que cela a fait avancer le dossier linguistique au Québec et je suis certain que si trente mille personnes s’étaient déplacées contre la loi 103 et non trois mille, nous aurions pu changer les choses, mais il n’est pas trop tard… En terminant, la présentation du fi lm à l’UdeM a été organisée par le Mouvement des Étudiants Souverainistes de l’Université de Montréal (MÉSUM)
qui invite tout le monde à venir écouter les conférenciers lors de la semaine de la souveraineté qui aura lieu du 3 au 10 février. Il n’y aura pas de bière à 1,75 $, mais vous aurez la chance d’écouter de très bons orateurs, alors ne manquez pas ça !




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