Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Les DOM-TOM

La dépendance : nom féminin, représente la relation de subordination ; état d’une personne soumise à l’autorité d’autrui et qui n’est pas libre d’agir à sa guise. La dépendance est aussi caractérisée par une perte d’autonomie, elle nécessite une aide pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie. Ceci est la définition officielle de ce terme.
Je voudrais de ma propre initiative ajouter à cette définition certains qualificatifs comme la dépendance économique, morale, sociale, voire identitaire.

S’il y a eu la volonté de la part des pays sous l’occupation des grandes puissances européennes de réclamer leur indépendance après la Seconde Guerre mondiale (voir l’article sur le cinquantenaire de l’indépendance des pays africains);
il y a certains pays qui ont décidé de rester dépendants. C’est le cas d’une partie des pays sous l’occupation française. Aujourd’hui ces pays sont appelés : Départements d’outremer (DOM) ou Territoires d’outre-mer (TOM) ; ce sont des régions intégrées à la République française au même titre que les départements ou régions de la France dite métropolitaine. Elles sont au nombre de neuf : la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, la Nouvelle Calédonie, la Polynésie française, la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon et l’ile de Wallis et Futuna. Alors, pourquoi les habitants de ces ex-colonies françaises n’ont pas combattu pour leur indépendance ? Bonne question.
Ceci peut s’expliquer par une volonté ferme de la France de conserver des ramifications en Amérique et au Pacifique où peut être par la peur des habitants d’être livrés à eux même sans aucune aide comme leur voisine Haïti. Peur, de la répression sanglante de l’armée française avec quatre-vingt-neuf mille morts comme à Madagascar. Ou encore de se faire voler toutes les ressources minières et agricoles et sombrer dans la pauvreté comme beaucoup de pays d’Afrique. Aujourd’hui, ni moi ni personne ne peut dire pourquoi ces îles font toujours partie de la décadente République Française.

À première vue c’est plutôt intéressant d’être Français tout en jouissant des paysages et des climats tropicaux (désolé pour Saint-
Pierre et Miquelon, une pensée pour eux). Si les habitants des DOM-TOM possèdent les mêmes institutions sociales, administratives, et économiques que la France, en plus d’avoir la nationalité française, ils font aussi partie de l’Union Européenne ; alors, pourquoi devenir indépendants ?
Tous ces avantages, le Français des îles en a bien conscience : il sait pertinemment qu’il est arrivé à un stade où il ne peut plus se séparer de la France et cela il a encore du mal à se l’avouer.

Je suis martiniquais, je parle donc en connaissance de cause. Alors, il y a bien des mouvements indépendantistes en Martinique, mais sont-ils vraiment crédibles ? Leurs arguments sont que le Martiniquais n’est pas assez maître de son destin, que les lois françaises ne sont pas toujours adaptées et applicables. Il y a aussi que le pouvoir décisionnel est uniquement réservé aux « blancs ». En effet, un point sur lequel je suis, absolument d’accord, les postes clefs des administrations de l’économie sont encore réservés à des français de métropole.
Il n’y a que récemment que le ministre de l’Outre Mer est originaire d’une de ces îles, sinon c’était toujours un natif de je ne sais quel coin perdu comme Tatawin-les-Bains, qui ne connaissait absolument rien de la réalité des ces régions ultrapériphériques qui était nommé à ce poste. Mais sérieusement, pourquoi s’embêter avec cette histoire d’indépendance, on est tellement bieeeeeeeen.

Donc devant le refus catégorique de la population d’être lâché par
«manan la-frans’» du jour au lendemain, se sont constitués dans le paysage politique des mouvements dits : autonomistes. Personnellement, je trouve que ça fait un peu tapette, mais bon ça reste mon avis et il n’engage que moi. Ce sont en fait des indépendantistes déguisés dont le but est d’augmenter le pouvoir décisionnel du peuple, ce qui n’est pas si mal quand on y regarde bien. Et leur quête ultime, non avouée, est de grappiller le plus de pouvoir possible pour qu’un jour le peuple devienne indépendant. Mais la fin du monde est en 2012 donc le temps manque un peu n’est-ce pas ?

En fait, cet article est plus un avis critique envers les partis politiques, particulièrement aux Antilles françaises, qui se disent autonomistes et indépendantistes. Car avant de faire un travail au niveau institutionnel, il faut faire un travail de fond sur l’identité, la conscience sociale, réaliser un éveil des consciences. « Yo tiré chèn lan an pyé nou, pou météy an tèt nou » : « Ils ont retiré les chaînes de nos pieds, pour les mettre dans notre tête ». Ce proverbe créole refl ète très exactement le fond de ma pensée, qui met en avant un néo-colonialisme beaucoup plus terrible qu’on ne le pense. Je vous invite donc à revoir au premier paragraphe, la définition de dépendance.

Image article Les DOM-TOM 1157




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+