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Indépendance version péplum

Pour une fois je vais coller à la thématique : l’indépendance. Si c’est un thème qui fait de temps en temps la une dans différentes nations (Québec, Écosse, ou n’importe quel petit pays slave qui échappe à mon RADAR de condescendance nord-américaine), il s’agit là d’une indépendance bien moins cruciale que celle qui me préoccupe aujourd’hui. En effet, n’en déplaise à mes amis nationalistes, nous sommes tous des hommes libres. Vous n’avez pas de chaînes autour des poignets (sauf si vous êtes vraiment hardcore dans les jeux coquins, auquel cas, l’esclavagisme, ça vous connaît au moins un peu), il n’y a personne pour vous donner des ordres sous peine de mort, bref, c’est pas si mal. Les principales chaînes que nous avons à briser, dans le fond, ce sont celles que l’on s’impose soi-même.
Sur cette belle phrase cucul (à tel point que des papillons m’en sortent par les narines), venons-en au fait.

Je vois beaucoup de jeunes qui arborent des T-shirts de Che Guevara et qui le présentent comme le modèle du révolutionnaire idéal. Pourtant, si on cherche un leader qui a su (ou tenté, du moins, l’Histoire comportant son lot de superbes fiascos) mener son peuple vers la liberté, j’ai mieux, oooh ça oui. Après tout, la quête de liberté et d’indépendance, ça touche de près ou de loin mon champ d’expertise, et si je peux donner à tous les jeunes pseudorévolutionnaires un vrai modèle de vie, je considère que j’ai fait ma part de bon karma. Sans plus tarder, accrochez vos casques à cornes avec de la broche, on plonge dans l’univers du plus couillu des révolutionnaires : Spartacus.

Il est fort possible que vous ayez déjà entendu ce nom. Après tout, son histoire (jamais romancée, vous connaissez aussi bien que moi la fidélité historique d’Hollywood) a été reprise dans de nombreux films et téléséries, dont la très récente et très mâle Blood And Sand, que le barbare vous conseille vivement d’ailleurs. Bref, le Spartacus en question, c’était un Thrace, né autour de -100 av. J.C., qui aurait été enrôlé de force comme auxiliaire dans l’armée romaine, puis fait prisonnier de guerre et vendu comme gladiateur. Bon, jusqu’à
date, c’est l’histoire classique.

Là où ça devient légendaire, c’est qu’avec ses copains gladiateurs à son école (oui, il y avait des écoles de gladiateurs, sauf que leur système de mesure était essentiellement basé sur le nombre de coups sur la tronche),
il décide de se barrer. Moins d’une centaine de gladiateurs foutent le camp en -73 et commencent à faire des raids sur la campagne romaine. Beaucoup de bergers, fermiers, bref, le fin fond de la bouse selon l’échelle sociale romaine, se mobilisent et joignent les rangs de la petite armée que se compose progressivement Spartacus. Il se manifeste comme un précurseur du guérillero, embusque des forces romaines inférieures, et commence à terroriser les villes environnantes, au point que Rome se voit forcée de lui envoyer quelques légions au cul.

Venant à bout de tout ce que Rome (qui, sincèrement, a d’autres chats à fouetter) lui envoie, il commence à rallier de plus en plus de volontaires, et organise même des combats de gladiateurs avec des romains capturés. La loi du talion, c’est la seule forme de justice acceptable dans cette chronique, bon point pour lui.

Il faudra attendre -71 pour que Rome mandate Crassus, un personnage un tant soit peu pertinent, pour pisser sur les cothurnes (sandales très fashion et tendances de l’époque)
de Spartacus. À la tête de 40 000 légionnaires (qui sont un peu l’équivalent des stormtroopers de l’époque, casque débile en moins),
Crassus piègera les esclaves de Spartacus à la pointe de l’Italie, les poussant au combat. Spartacus finira par être tué, de façon plus ou moins épique dépendemment de la source. Il aura néanmoins mené à bien ce qu’on appelera plus tard la troisième guerre des esclaves, qui aura comme conséquence d’enclencher un mouvement de libération progressive des esclaves.
Quand on pense que l’exploit notable de l’idôle révolutionnaire actuel a été de booster les ventes de T-shirts à tous les étudiants en sciences humaines…

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Album métal de la semaine

Artiste : Devin Townsend

Album: Ziltoid the Omniscient
Genre: Industrielo-atmosphérique sur fond d’absurdité
Année : 2007
Après le spectacle de Devin Townsend de mardi dernier, je n’ai pas pu m’empêcher de m’enfiler ses albums back-to-back. Le plus sympathique du lot, Ziltoid The Omniscient, met en scène un extra-terrestre venant d’un autre univers, Ziltoid, qui recherche la tasse de café ultime que notre univers puisse produire. Devant notre incapacité à produire de la caféine assez délicieuse pour ses papilles raffinées, le capricieux Ziltoid décidera d’écrapoutre, en bon français, la Terre. La prémisse absurde laisse place à des dialogues marquants qui ponctuent bien les orchestrations harmonieuses, et il faut plusieurs écoutes pour bien sentir chaque chanson. Devin Townsend, un bipolaire notoire, nosu rend la tâche relativement facile quand il faut deviner quelle chanson est écrite dans un up, et laquelle dans un down.

Mots-clés : Chronique barbare (22)



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