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Entrevue avec Simon Vaillancourt

Simon Vaillancourt, Po.08.Ingénieur spécialisé dans la vente technique chez Cisco Systems est détenteur d’un baccalauréat en génie électrique à l’École Polytechnique de Montréal. À peine entré dans le cycle universitaire, Simon partage son temps entre trois domaines: la musique, le sport et le génie.
Trompettiste au Conservatoire de Musique de Montréal et membre de l’Orchestre Symphonique des Jeunes de Montréal, il est passionné par le sport et intègre l’équipe de natation des Carabins ainsi que l’équipe de triathlon des Antilopes du Québec. Il est aussi très impliqué au sein de l’AEP dont il devient le président en 2004. Sa polyvalence et son investissement lui ont valu plusieurs prix dont le prix étudiant de l’ADP (Association des Diplômés de Polytechnique) et le profil de Vinci, un profil d’excellence qui encourage les étudiants à s’intéresser à des domaines d’activités autres que le génie.

N.K – Comment arrivais-tu à gérer ton temps entre toutes tes activités: la musique, le sport et les études ?

S.V – La trompette c’était ma grande passion. Quand je suis rentré à Polytechnique, je n’étais pas capable de choisir entre la musique et le génie.
Alors j’ai commencé Polytechnique à temps plein…et le conservatoire à temps plein, soit un total de dix cours. Il fallait que je fasse un choix.
J’ai donc arrêté le conservatoire. La trompette ca reste une passion et je préfère jouer de la trompette comme passe-temps et être ingénieur plutôt que l’inverse.

N.K – Comment as-tu commencé à t’impliquer dans la vie étudiante
?

S.V – Au début j’avais des journées très longues. Parfois on finissait les cours vers 20h et après j’allais prendre une bière au CETC (Comité des Étudiants au Tronc Commun).
Mon implication a commencé en remplissant de bières le réfrigérateur du CETC. Je suis devenu trésorier à ma deuxième session. Ensuite je me suis impliqué dans le CA.
J’étais en charge de projets et ça me stimulait beaucoup. Puis j’ai été élu au poste de trésorier de l’AEP.
C’est à ce moment que l’expression
« To take ownership » a pris tout son sens pour moi. C’est important quand on s’implique dans un projet de se l’approprier. Le but n’est pas de tout faire mais d’en prendre le leadership jusqu’au bout. C’était ma passion plus que mes cours.
L’implication c’est ce qui me gardait à Polytechnique.

N.K – Est-ce que le fait d’être impliqué dans plusieurs comités a eu un impact sur tes résultats scolaires?

S.V – Je n’avais pas les meilleures notes dans mes cours, je coulais à peu près un cours par session (rires). J’ai terminé mon bac avec une moyenne de 3.01 ce qui m’a
quand même valut un profil de Vinci.
Pour être honnête, à l’école je n’étais pas très motivé par les cours. Je trouvais ça bien plus le fun de jouer aux cartes au CETC, boire de la bière, ou faire autre chose qu’être dans une salle de classe. Mais parfois il faut faire des choix. Je trouvais plus important de développer d’autres qualités, car je trouvais ça plus intéressant.
J’étais plus passionné par les meetings que par les cours.

N.K – En quoi consiste ton travail en tant qu’associé chez Cisco ?

S.V – J’ai commencé chez Cisco dans un programme de formation de douze mois aux États-Unis. L’une des choses que j’ai apprise est qu’il faut prendre les devants et ne pas attendre qeu la promotion arrive toute seule. Un vice-président de Cisco m’a dit un jour de toujours regarder deux étapes plus loin puis d’agir en conséquence.

N.K – Est-ce que les connaissances acquises dans les cours t’ont été utiles dans ton milieu de travail

S.V – J’ai utilisé un seul de mes cours. C’est un cours à option que j’ai pris au Mexique. Je ne suis pas un grand fan de génie électrique, j’aurais pu faire n’importe quel autre spécialité. À la moitié de mon bac, je commençais à détester l’électrique.
Beaucoup d’étudiants changaient d’orientation mais dans mon cas ça ne servait à rien car mon objectif était de terminer mon bac et de trouver un emploi.

N.K – Lorsque tu as reçu ton diplôme à la fin de ton bac, est-ce que tu as ressenti un sentiment de satisfaction ou un goût d’inachevé
?

S.V – Le fait d’être dans l’AEP m’a offert beaucoup de privilèges.
Notamment le fait de siéger lors des conseils académiques auprès de grandes figures comme Bernard Lamarre. C’était vraiment valorisant d’être considéré lors des discussions. Ceci m’a apporté une expérience inestimable. Savoir se faire écouter, savoir comment faire passer tes idées, ce ne sont pas des choses qu’on peut apprendre nécessairement dans un stage.
Dans le milieu du travail c’est payant d’avoir de telles qualités. Un autre exemple, lors de la journée d’accueil des nouveaux étudiants, le président de l’AEP doit faire un discours. Je n’étais pas une personne qui parlait facilement en public avant. Mais à force de le faire, je me suis habitué.
Maintenant j’ai des présentations à donner devant des clients, des partenaires et je me sens plus confortable.
J’ai développé mes qualités d’orateur grâce à mes implications.
Ce sont des choses non-techniques qui font qu’un employeur va vouloir t’embaucher.

N.K – En quoi ton expérience à l’étranger a-t-elle eu un impact sur dans ta vie ?

S.V – Depuis tout jeune c’était mon rêve de pouvoir parler au moins trois langues. Je voulais apprendre l’espagnol. Grâce aux possibilités d’échanges à l’international à Polytechnique, j’ai pu réaliser mon rêve.
Le déclic a été le film « L’Auberge espagnole ». Je l’ai adoré. Je me suis informé puis je suis parti à Madrid en immersion totale. J’ai vécu dans un appartement avec deux Ghanéens, une Allemande et une Espagnole.
C’était une expérience inoubliable.

N.K – Comment as-tu été recruté chez Cisco ?

S.V – J’ai appliqué deux fois pour un stage chez Cisco mais je n’ai pas été accepté. En revanche ils m’ont rappelé à la fin de mon bac pour me proposer un emploi. J’ai fait un programme qui s’appelle le « Cisco Sales Associate Program » dont le but est de former des associés de vente. Le rôle de l’ingénieur c’est de supporter le vendeur. Ainsi un vendeur et un ingénieur travaillent en équipe et vont rencontrer un client ensemble. En ce moment c’est le début de ma carrière donc je vais mettre beaucoup d’énergie pour que ca aille bien car les premières années sont assez déterminantes.
C’est quelque chose que j’ai appris ici. Si tu progresses bien au début de ta carrière, ca te permet de mieux progresser par la suite car tu auras la réputation de quelqu’un qui travaille fort.

N.K – Comment envisages-tu ta carrière ?

S.V – Je veux faire moins de technique et devenir éventuellement manager ou vendeur. Je compte peut-être faire un MBA. Quand j’étais à Polytechnique, je voulais m’orienter en gestion. J’ai donc pris l’orientation innovation technologique. Je me souviens encore qu’à la moitié de mon bac, j’avais des cours en électrique sur les microcontrôleurs, des systèmes programmables, l’électronique… Je ne sais même pas comment j’ai fais pour passer ces cours (rires). Je déteste l’électronique mais je ne regrette pas d’avoir fait génie électrique. Pour la majorité des gens, ce que tu apprends dans ton bac infl uence les cinq premières années de ta carrière. Après ça c’est plutôt ce que tu connais de l’industrie qui va déterminer comment tu peux travailler et vers quoi t’orienter.

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Le film préféré de Simon

Romain est un jeune français de 25 ans qui étudie l’économie. Un ami de son père lui propose un travail, mais il faut pour cela qu’il apprenne l’espagnol. Il décide donc d’aller passer sa dernière année d’études à Barcelone, en profitant du programme d’échange universitaire européen. Arrivé à Barcelone, il s’installe dans un grand appartement avec sept étudiants originaires de différents pays d’Europe, et tous venus dans le même cadre que lui. Pendant cette année, Romain vit une série d’expériences qui sont comme un parcours initiatique pour lui. Dans l’appartement, les huit jeunes apprennent à se connaitre et à s’apprécier, partageant tous la sensation d’être des étrangers.

Mots-clés : Entrevue (33)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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