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Économie et notion de risque technologique

Pour terminer ce dossier spécial sur le Japon, le journal a voulu se pencher sur deux derniers aspects de la question des désastres naturels : d’un côté les impacts économiques d’un évènement d’une telle ampleur et de l’autre la perception du Japon et la notion de risque technologique.
La dernière entrevue a été réalisée après un échange avec Mme De Marcellis-Warin, professeur à l’École Polytechnique et vice-présidente Risque et Développement durable au CIRANO, et avec M.
Thierry Warin, économiste et responsable de l’orientation thématique
« Projets internationaux » à l’École Polytechnique.

Aspect économique de la situation

Au cours des 15 dernières années, le Japon a tenté de revitaliser son économie. La crise non terminée de 2008 combinée à l’impact d’un tel désastre portera un coup dur à sa santé financière. Avec un endettement supérieur à deux fois son PIB, l’impact est majeur. Le premier résultat observable est l’instabilité des marchés financiers, avec une très forte variabilité des cours. La banque centrale japonaise a injecté de nombreux fonds aux diverses banques pour soutenir les différents secteurs industriels du pays.

Discours de crise

L’aspect marquant de la situation actuelle est le discours du premier ministre. En effet, la structure gouvernementale vit un véritable état de crise, devant, en très peu de temps, gérer mille choses parallèlement. Le premier ministre joue gros. Impopulaire avant les évènements, il sera porté en héros ou devra rendre des comptes selon la tournure des évènements.
De plus, le discours officiel utilisé reste au passé composé ou au présent. Il n’y a pas de vision future, le gouvernement ne peut que réagir face aux évènements et ne peut les anticiper. C’est malheureusement le signe que la situation est grave.

Risques systémiques

L’ampleur des évènements sur la situation nucléaire met en lumière le fait que les risques ne doivent pas être traités séparément, mais plutôt de façon systémiques : ce ne sont pas 4 centrales nucléaires à être traitées individuellement, lorsqu’une manifestation naturelle survient, c’est tout un réseau qui est mis à contribution et à rude épreuve, d’où l’état de crise actuelle.

Implication pour le Japon

La crise nucléaire ne peut être que néfaste pour le Japon, à court terme comme à long terme. On assiste déjà à certaines vérifications des produits provenant de l’archipel nippon. Peu importe ce qui se passera à Fukushima, l’impact sur l’inconscient collectif est réel, et perdurera. La question du nucléaire est aussi mise de l’avant, avec de nombreux pays européens remettant en question la sécurité des centrales et la pertinence d’une telle source d’énergie. Le nucléaire fait peur par nature, car il ne peut être ni palpable ni visible, et demande d’assez grandes connaissances pour comprendre en profondeur les enjeux de la technologie.

Évolution des risques technologiques

Le nucléaire représente par nature un risque technologique : le risque est minimal, mais les conséquences sont maximales. Lors de la conception de telles centrales, de nombreux facteurs sont pris en compte. L’influence des changements climatiques n’a pas été appréciée à sa juste valeur, et certains désastres tels que la catastrophe nucléaire survenue après le tsunami n’ont pas pu être envisagés. La nature change la donne.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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