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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

BLA BLA BLA

Bonne année 2011 à mes assidus lecteurs. J’espère que vous avez bien mangé, bien bu et profité de la présence de ceux que vous aimez, car nous voilà repartis pour une autre session où le café et les pogos sont les représentants de notre alimentation.
C’est aussi le moment où nous choisissons la couleur des murs qui nous entoureront lors des nuits blanches de la mi-session (vous savez, la mi-session qui débute en février et qui se termine juste à temps pour les finaux ?). OK, je ne vais pas faire mon trouble-fête. Nous allons rester dans l’illusion du temps des fêtes. Cette illusion qui nous laisse croire que ce qu’il y a d’important dans la vie c’est la famille, les amis, les bons repas bien arrosés, l’absence de stress, la liberté d’esprit, d’entamer les projets qui nous intéressent… n’importe quoi.
Ce n’est pas ça la vie. Il suffit de regarder la télévision pendant le temps des fêtes pour constater ce qu’est la vraie vie.

On parle de météo et de hockey entre 2 publicités de surconsommation de Noël. Vous avez vu les annonces qui nous font sentir coupable de ne pas avoir le dernier téléphone vraiment meilleur que celui d’avant. Ma meilleure, c’est celle de Rogers où deux des trois attardés qui passent leur vie sur leur téléphone parlent avec un gars qui, visiblement, a une vie sociale (pas celle que l’on vit devant un écran)
devant une école : « […] tu n’as pas vu le dernier vidéo du petit chat qui est surpris sur TonTube ? Attend je vais te l’envoyer. », « OK, j’irai le voir ce soir. »
Et le deuxième attardé de renchérir d’un air confus : « Ce soir ? Comme dans, pas maintenant ? ». Ça m’impressionne chaque fois que le principal argument pour nous vendre un objet impertinent soit l’argument qui devrait faire réaliser au consommateur que le produit est effectivement impertinent.

Autre exemple. Bell mobilité. Un ado boutonneux, une ado un peu trop princesse, restaurant, chandelle, arrière-plan de gigantesque lettre en blanc et en bleu comme toutes leurs publicités depuis 3 ans. La fille : « j’adore les profitéroles ».
Le gars : « quand elle va aller pisser, je vais aller sur mon téléphone pour voir ce que c’est… cool, je ne passerai pas pour un cave ». Ouais bien ça coûte cher un contrat de 60 $ par mois pendant 3 ans pour avoir internet en tout temps sur le « meilleur réseau » pour pallier à ton manque de culture, p’tit gars. En passant, si tu ne sais pas ce qu’est un profiterole à ton âge, il y a de bonnes chances que ta soirée se termine à la main ! (WOOO, on commence en force en 2011 avec les blagues vulgaires.
Désolé, c’était plus fort que moi).

J’ai reçu des amis pendant les fêtes.
Souper annuel entre amis de longue date. Je les reçois assez dignement avec un souper cinq services. Canapé d’aubergine et artichaut, velouté de fenouil et pamplemousse, pétoncle à la lime, coriandre, sirop d’érable et sésame, canard à l’orange, crème brûlée. La grosse affaire. Savez-vous ce qui a contribué à ce qu’on ait une soirée mémorable de discussion chaude et constructive ? Nous avons éteint nos téléphones cellulaires. Nous avons évité tout message texte ou appel ou statut Facebook. Devinez quoi… Personne n’est mort. Quand je pense aux gens qui sont au restaurant entre amis et qui prennent le temps d’écrire des conneries du genre : « présentement au resto avec des amis, c’est tellement cool ! ».
MANGE TON ASSIETTE ET PROFITE DU MOMENT CALVAIRE.

Ça c’est quand ce n’est pas un qui vient de s’acheter le nouveau modèle de téléphone intelligent (j’ai tellement de difficulté avec ce terme là, en quoi un téléphone est intelligent ?) et qu’il nous fait la présentation tupperware de ses applications. Comme si c’était l’innovation du siècle, se demandant comment l’humanité s’est passée de ça. Ce que ces gens ne comprennent pas, c’est que nous, les gens qui ne passons pas nos vies sur des inutilités du genre, nous avons une vie. Nous n’avons pas besoin de glisser nos doigts sur une vitre pour avoir des sensations fortes ou avoir de la conversation. Nous avons du vécu et nous en parlons. Ce n’est quand même pas la première fois que je vois ça un jeu de pac-man !

Il y a dix ans, quand les téléphones cellulaires sont arrivés de façon un peu plus importante, on nous les a vendus en disant que nous serions plus libres.
Ironique, car la majorité des gens possédant un de ces appareils qui donne accès au World Wide Web, l’utilise pour les futilités que vous connaissez bien.
C’est vrai que c’est un outil vraiment performant pour organiser son temps.
Lorsqu’il est utilisé pour prendre ses courriels pendant les pauses et y répondre au fur et à mesure et ainsi, éviter de prendre trois quarts d’heure le soir, mais soyons francs… Combien de gens gagnent plus de temps qu’ils en perdent avec ces bébelles ? Si seulement on utilisait le temps « gagné » pour faire ce qu’on fait pendant les vacances.
Voir ceux qu’on aime, bien manger, bien boire, se libérer l’esprit et concrétiser des projets…

Hors sujet

Je ne voulais pas écrire de chronique pour ça, mais ça m’a vraiment mis par terre alors que j’écoutais les nouvelles à TVA la semaine passée et qu’on y parlait d’un fou qui a chargé en voiture sur son voisin et qui l’a poignardé par la suite.
Reportage classique du style TVA. On filme la maison de la victime, la maison du suspect, on interroge les voisins qui sont tous aussi surpris les uns que les autres, un extrait d’une caméra de surveillance, l’essentiel des évènements et le journaliste termine en disant que l’intégrale de la vidéo est disponible sur le site… je ne sais pas, mais je trouvais que c’était le summum de l’émotion en terme de sensationnalisme. Je voulais le partager !

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